Devenir végétalien : pourquoi, comment ?

Vous l’avez probablement deviné si vous traînez régulièrement ici ou si vous me suivez sur Twitter : cela fait maintenant quelques mois que j’ai drastiquement réduit ma consommation de produits d’origine animale, et pris la décision de ne plus en acheter. Ça doit sembler « cavalier » à nombre d’entre vous, voire insensé de ce que je peux voir/entendre au quotidien. Du coup, il m’a semblé important d’expliquer pourquoi, pas pour vous convaincre de m’imiter mais pour que vous acceptiez mieux celles et ceux qui ont également choisi ce mode de vie. Évidemment, tout ça n’engage que moi, et a simplement vocation à informer, avec le minimum de parti pris (‘fin, autant que possible sur un tel sujet, quoi). Allez, action !

 

La Genèse

J’ai toujours aimé les animaux, depuis tout petit. Les voir malheureux et enfermés, je crois que vous comprendrez que ça puisse me rebuter. Sauf qu’un peu plus tard, de mon point de vue d’ado cette fois, les seules choses révoltantes qui filtraient jusqu’au grand public étaient des cas de maltraitance extrêmes, par exemple la lutte contre l’élevage des animaux pour leur fourrure, qui en plus de me filer des boutons d’un point de vue éthique se faisait rarement dans la délicatesse. C’est ainsi que, pour la première fois et via Facebook (qui, malgré tout ce que je lui reproche, participe tout de même à la propagation de toute information utile ou non), je suis tombé sur des images très choquantes d’animaux maltraités. Si je précise « via Facebook », comprenez que c’est parce que les médias « classiques » n’en parlaient absolument pas. Et même si ces images m’on révolté à l’époque, je ne me suis pas attardé dessus, les associations qui défendaient les animaux me paraissant alors trop virulentes, trop extrémistes pour que j’accepte qu’on m’y associe, socialement parlant. Et puis, à 15-16 ans, je n’avais absolument aucun pouvoir de décision sur les plats que cuisinaient mes parents, et d’ailleurs la cuisine ne m’intéressait que peu à l’époque.

 

Profitez-en pour essayer, c'est le mois mondial du veganisme !
Profitez-en pour essayer, c’est le mois mondial du veganisme !

 

Et on grandit… dans tous les sens du terme !

Il s’en est passé des choses entre mes 16 ans et aujourd’hui. Là, on ne va parler que de ce qui touche au sujet qui nous intéresse 😉

 

Aimer cuisiner : un point essentiel, quel que soit le régime alimentaire

Le fait d’être « devenu » étudiant et de devoir cuisiner, avec en plus le fait que mes parents aiment cuisiner et cuisinent bien, tout ça m’a poussé à ne pas suivre le régime habituel riz-pâtes-conserves-ketchup-nutella cher aux étudiants. De plus, je trouvais la nourriture servie au Resto U assez… , boh, disons qu’il y a bien pire, mais quand même, ça ne valait pas un plat « fait » maison, loin s’en faut. Tout ça a fait que quand je rentrais chez moi le soir, malgré un équipement pas souvent au top, je me lançais dans des recettes plus élaborées, pour manger « correctement », et… j’y ai pris goût. Surtout pour cuisiner des desserts :mrgreen:

Quand je dis « quel que soit le régime alimentaire », c’est pour une raison simple : que vous soyez omnivore, végétarien, végétalien ou autre, vous mangerez toujours plus sainement en achetant vous-même des produits que vous cuisinerez qu’en achetant des plats industriels préparés. Une bête soupe par exemple, c’est pas vraiment compliqué à faire, ça demande un peu de temps de cuisson, mais ça ne vous oblige pas à rester devant la cocotte pendant 4 heures. Et c’est quand même foutrement meilleur qu’une soupe en brique.

Et un jour, j’ai rencontré une végétalienne qui sans rien imposer m’a fait découvrir son régime alimentaire : de nouveaux aliments, de nouvelles façons de faire, de nouveaux goûts… Pour quelqu’un comme moi qui aime apprendre et cuisiner, c’était le combo adapté. Je me suis mis à cuisiner pour/avec elle, puis pour moi seul, tout en me rappelant ce que je savais de la maltraitance des animaux et du mal que l’élevage provoque à la Terre. Toutes mes questions trouvaient des réponses claires et précises auprès de cette demoiselle, encore une fois de façon totalement transparente : elle m’exposait son point de vue, ses idées, mais libre à moi de les accepter ou non. C’est comme ça que je conçois une vraie discussion de fond, un échange d’idées, de l’ouverture…

Tout ça mis ensemble, ça donne un omnivore (qui se sentait concerné mais pas informé) qui réfléchit à comment changer les choses, à son échelle pour commencer.

 

An apple a day…

Parlons un peu santé, maintenant. Je l’ai dit juste au-dessus, cuisiner soi-même, c’est mieux. Mais cuisiner quoi ? Simple : le plus de produits bruts possible, moins de produits transformés, et tant qu’à faire, du bio. Des marques comme Carrefour Bio ou Monoprix sont souvent moins chères que des produits de marque « classiques ».

Pour ce qui touche aux produits d’origine animale, c’est pas super reluisant. La viande que vous achetez en supermarché ou chez votre boucher habituel est pleine de cochonneries (que ce soit du porc ou non, j’vous vois venir, bande de sacripants) : médicaments, antibiotiques, fortifiants, hormones, tout un tas de produits chimiques que vous refuseriez d’ingurgiter si vous les connaissiez. Sauf qu’aux animaux d’élevage, on ne leur pose pas la question… et donc vous vous retrouvez avec tout ça dans votre assiette, sans le savoir. Ajoutons également les virus, bactéries, et autres trucs alléchants.

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Une critique/peur qui revient souvent dès lors qu’on parle de végéta*isme (aka végétaRisme + végétaLisme) : les carences. J’y ai eu droit quasi-instantanément par mes parents : « mais tu vas avoir des carences de tout plein de choses ! ». Ben… non ? Une alimentation équilibrée, quel que soit le régime alimentaire, ça se travaille, ça s’étudie, on ne fait pas ses courses comme on a le nez fait, à moins de vouloir ressembler à « Honey Boo-Boo« . Il y a autant de chances de se trouver en carence de magnésium en étant omnivore qu’en étant végétalien, c’est simplement une question de « je cuisine quoi et quand ». Je pense même pouvoir pousser jusqu’à dire qu’un végétalien est a priori plus soucieux de son alimentation et donc va penser à faire attention à manger équilibré, là où l’omnivore moyen va moins se soucier de ça.

À l’inverse, les produits d’origine végétale contiennent nombre de substances reconnues pour avoir un effet bénéfique sur la santé : vitamines, minéraux, matières grasses… souvent absents des produits animaux. Ces éléments ont un effet positif sur la santé, la concentration, la prévention de pas mal de maladies (diabète, obésité, et j’en passe).

 

Un truc de hippies écolos

Non, les vétégaliens ne sont pas nécessairement associables à une bande de hippies aux cheveux longs et sales, vêtus comme l’as de pique et fumant de la marijuana. Mais passé le cliché (et j’ai horreur des clichés 😀 ), devenir végétalien, c’est aussi prendre soin de la planète, et accessoirement de ses habitants, quels qu’ils soient.

Le gros du problème, c’est l’élevage. Ça prend de la place, ça se nourrit de tout et n’importe quoi, ça consomme des produits chimiques et autres vacheries, ça émet plus de gaz à effet de serre qu’un Hummer en côte. Et ces animaux, on doit les nourrir, donc on utilise des surfaces qui pourraient être utilisées pour la production d’alimentation humaine. Surface à laquelle on doit ajouter celle de l’élevage, et de toute la chaîne de transformation de l’animal. Parce que oui, entre la « ferme » et votre assiette, il s’en passe des choses…

N’oublions pas la pêche industrielle, qui en plus de ramasser bien plus que ce qu’elle devrait détruit aussi les habitats des animaux marins. La liste est longue, et le but de cet article n’est pas d’être exhaustif : d’autres font ça bien mieux que moi, comme L214.

 

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Comme le disait Albert Einstein, qui était quand même loin d’être le dernier des abrutis : « Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne ».

 

L’éthique animale, ça vous parle ?

Est-ce que vous trouvez acceptable de faire naître, de stocker, vaguement nourrir et laver, puis tuer, découper des animaux pour au final les mettre sous cellophane dans un rayon de supermarché ? Moi pas. Mais au fait… Combien de gens savent ce qu’il se passe entre l’élevage et la boucherie ? Et parmi ceux qui le savent, combien s’en souviennent en regardant l’étal, et le prennent en considération ? Très peu, trop peu si vous voulez le fond de ma pensée. Je ne suis pas dégoûté de la viande en tant que tel, mais de savoir quel a été le processus dans sa globalité : quel droit a l’homme sur l’animal qui l’autoriserait à agir de la sorte, à élever des êtres vivants et sensibles pour les tuer puis s’en nourrir ?

 

Le monde magique des omnivores - Source : Insolente Veggie
Le monde magique des gentils omnivores – Source : Insolente Veggie

 

Vous qui vous indignez que des asiatiques puissent manger des chats et des chiens, pourquoi mangez-vous des chèvres, des agneaux ? Vous trouvez anormal de prendre leur nid à des hirondelles, pourquoi prenez-vous le miel des abeilles dont il constitue la principale source de nourriture, élaborée après des heures de travail acharné ?

 

Bref, on sait que les animaux ressentent la douleur. Si vous pensez qu’ils sont bien traités parce qu’on en a conscience, vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Entassés dans des cages, quelques petites heures de « sortie » par jour dans le meilleur des cas, ça n’est pas ce que j’appelle un bon traitement. Il suffit d’ouvrir le journal pour s’en convaincre : lapins maltraités, poussins broyés

Et si vous avez encore des doutes sur ces réalités qui, j’en conviens, peuvent choquer/déranger la plupart d’entre vous au point d’en devenir agressif et de tout rejeter en bloc, regardez des reportages comme Earthlings, ou lisez des journaux sérieux. C’est pas sur TF1 entre des jeux de « culture » et des émissions de télé-réalité que vous entendrez Nabilla parler de tout ça.

 

Acceptabilité sociale, tout ça tout ça

Osez me soutenir que vous n’avez pas une bonne demi-douzaine de clichés peu flatteurs qui vous viennent quand vous vous trouvez face à un vétéla*ien. Je m’y suis trouvé confronté, encore peu finalement, mais j’en avais peur, je le reconnais. Le regard des gens avec qui vous mangez, celui du serveur au restaurant lorsque vous demandez un plat végétalien… Celui de vos amis, que vous invitez à manger à la maison (ben oui, je vais pas leur cuisiner un steak, soyons cohérents 2 minutes), et j’en passe.

Ce malaise quand les gens autour de vous parlent de recettes de cuisine pour faire mettons un bœuf bourguignon, et que ces gens savent que vous aimez cuisiner : « ah oui mais là non, moi je ne cuisine pas ça… » « Pourquoi ? ».

Et moi qui étais d’habitude si fier de ce que je cuisinais, je me demandais si j’allais continuer à poster quelques photos sur les réseaux sociaux, par crainte qu’on me demande ce que c’est, tout ça tout ça. Et l’idée a fait son chemin, et je n’hésite plus à poster une photo de recette avec un mot-dièse comme #GoVegan :mrgreen:

 

 

Et puis après tout, je me suis dit que ça n’avait que peu d’importance, au fond. Les gens ouverts et tolérants respectent mon différent choix de vie, même s’ils n’approuvent pas forcément. Éventuellement me questionnent, et je suis ravi de répondre. Les autres, je pars du principe qu’ils ne valent pas la peine d’être écoutés. Il y a des cons partout, et quelle qu’en soit la raison, il y aura toujours quelqu’un d’intolérant pour critiquer sans savoir, ou avec une vision de la chose si étriquée qu’elle en devient risible. Pour preuve et même si ça n’a clairement rien à voir, il suffit de constater qu’il y a des gens qui se déplacent à la « Manif’ pour tous ».

 

Le mot de la fin

Autant être honnête jusqu’au bout : ça n’a pas été si facile que ça. Pas mal de gens font une « transition » entre le régime omnivore et le régime végétalien (il passent par le végétarisme, quoi). Dans mon cas, je suis passé d’un extrême à l’autre, pour la raison expliquée au début : adhésion au régime alimentaire d’une autre personne, qui était lui déjà bien en place. D’un coup, arrêter le lait, les œufs, la viande, le beurre… et prendre conscience que certains aliments que je pensais convenables ne l’étaient en fait pas tant que ça (comme le sucre en poudre blanc, qui est raffiné), ça demande une certaine volonté et aussi pas mal de temps pour trouver des substituts et apprendre à les cuisiner. Mais clairement, avec une telle guide, c’était une partie de plaisir.

En parlant de trouver… Il m’a aussi fallu me renseigner sur les magasins où je pouvais trouver ces ingrédients. Et là, je l’avoue, j’ai été surpris de voir que même à l’échelle de ma petite ville de Troyes, il y a de quoi faire, comparer, trouver… Et au pire, il y a Internet. Comme pour les recettes qui vont avec.

 

J’en vois venir avec leurs gros sabots : des pesticides, des engrais chimiques néfastes pour l’homme comme pour la planète, ça se trouve évidemment également dans les fruits/légumes. Dans ce cas, c’est simple : consommez bio. Je ne vous dis pas que vous aurez 0 produits dangereux, mais vous limitez la casse, et aidez à promouvoir un mode de vie durable et éthique.

 

 

Et pour en finir avec les carences, renseignez-vous : rouspéter alors que vous ne savez pas ce qu’est une protéine et à quoi ça sert, c’est pas top crédibilité dans un débat.

 

Les carences - Source : Insolente Veggie
Les carences – Source : Insolente Veggie

 

 

La démarche suivante, c’est évidemment le véganisme. Là, on ne se limite plus à l’alimentaire, mais bien à tout ce qui est issu de l’animal : vêtements, ustensiles… fini les mocassins en cuir de vachette et les éponges en graisse de porc, exit les couettes en plume et les brosses en poil de sanglier. Je n’ai pas encore totalement franchi le pas : j’ai pris la décision de ne plus acheter, mais je continue à porter ce que j’ai déjà, jusqu’à ce que tout ça soit bon à jeter. Je suis bien tenté par les shampoings fait maison, les produits ménagers aussi… Des découvertes en perspective ! 😛

Allez, ne prenez pas tout ça trop mal, mais pensez-y : vous voulez rester des consommateurs, ou devenir des consom’acteurs ? 🙂

 

J’ai conscience qu’un article comme celui-ci, déjà long mais diablement incomplet, peut déchaîner les passions dans les commentaires. Je demanderai juste aux personnes qui souhaitent donner leur avis de réfléchir à deux fois avant de mettre n’importe quoi, et de faire preuve d’ouverture et de respect. Je n’ai jamais eu à supprimer un commentaire, les lecteurs sont habituellement assez grands pour s’auto-réguler, donc prenez vos responsabilités. Et si j’estime que ça dépasse l’entendement, ne venez pas rouspéter. 🙂

 

Allez, on se quitte en musique (et écoutez les paroles !), pour une fois ! Il paraît que ça adoucit les mœurs 😉

 

(Yves Jamait – « Athées souhaits », sur l’album « Je passais par hasard », que je vous recommande fortement)