Devenir végétalien : pourquoi, comment ?

Vous l’avez probablement deviné si vous traînez régulièrement ici ou si vous me suivez sur Twitter : cela fait maintenant quelques mois que j’ai drastiquement réduit ma consommation de produits d’origine animale, et pris la décision de ne plus en acheter. Ça doit sembler « cavalier » à nombre d’entre vous, voire insensé de ce que je peux voir/entendre au quotidien. Du coup, il m’a semblé important d’expliquer pourquoi, pas pour vous convaincre de m’imiter mais pour que vous acceptiez mieux celles et ceux qui ont également choisi ce mode de vie. Évidemment, tout ça n’engage que moi, et a simplement vocation à informer, avec le minimum de parti pris (‘fin, autant que possible sur un tel sujet, quoi). Allez, action !

 

La Genèse

J’ai toujours aimé les animaux, depuis tout petit. Les voir malheureux et enfermés, je crois que vous comprendrez que ça puisse me rebuter. Sauf qu’un peu plus tard, de mon point de vue d’ado cette fois, les seules choses révoltantes qui filtraient jusqu’au grand public étaient des cas de maltraitance extrêmes, par exemple la lutte contre l’élevage des animaux pour leur fourrure, qui en plus de me filer des boutons d’un point de vue éthique se faisait rarement dans la délicatesse. C’est ainsi que, pour la première fois et via Facebook (qui, malgré tout ce que je lui reproche, participe tout de même à la propagation de toute information utile ou non), je suis tombé sur des images très choquantes d’animaux maltraités. Si je précise « via Facebook », comprenez que c’est parce que les médias « classiques » n’en parlaient absolument pas. Et même si ces images m’on révolté à l’époque, je ne me suis pas attardé dessus, les associations qui défendaient les animaux me paraissant alors trop virulentes, trop extrémistes pour que j’accepte qu’on m’y associe, socialement parlant. Et puis, à 15-16 ans, je n’avais absolument aucun pouvoir de décision sur les plats que cuisinaient mes parents, et d’ailleurs la cuisine ne m’intéressait que peu à l’époque.

 

Profitez-en pour essayer, c'est le mois mondial du veganisme !
Profitez-en pour essayer, c’est le mois mondial du veganisme !

 

Et on grandit… dans tous les sens du terme !

Il s’en est passé des choses entre mes 16 ans et aujourd’hui. Là, on ne va parler que de ce qui touche au sujet qui nous intéresse 😉

 

Aimer cuisiner : un point essentiel, quel que soit le régime alimentaire

Le fait d’être « devenu » étudiant et de devoir cuisiner, avec en plus le fait que mes parents aiment cuisiner et cuisinent bien, tout ça m’a poussé à ne pas suivre le régime habituel riz-pâtes-conserves-ketchup-nutella cher aux étudiants. De plus, je trouvais la nourriture servie au Resto U assez… , boh, disons qu’il y a bien pire, mais quand même, ça ne valait pas un plat « fait » maison, loin s’en faut. Tout ça a fait que quand je rentrais chez moi le soir, malgré un équipement pas souvent au top, je me lançais dans des recettes plus élaborées, pour manger « correctement », et… j’y ai pris goût. Surtout pour cuisiner des desserts :mrgreen:

Quand je dis « quel que soit le régime alimentaire », c’est pour une raison simple : que vous soyez omnivore, végétarien, végétalien ou autre, vous mangerez toujours plus sainement en achetant vous-même des produits que vous cuisinerez qu’en achetant des plats industriels préparés. Une bête soupe par exemple, c’est pas vraiment compliqué à faire, ça demande un peu de temps de cuisson, mais ça ne vous oblige pas à rester devant la cocotte pendant 4 heures. Et c’est quand même foutrement meilleur qu’une soupe en brique.

Et un jour, j’ai rencontré une végétalienne qui sans rien imposer m’a fait découvrir son régime alimentaire : de nouveaux aliments, de nouvelles façons de faire, de nouveaux goûts… Pour quelqu’un comme moi qui aime apprendre et cuisiner, c’était le combo adapté. Je me suis mis à cuisiner pour/avec elle, puis pour moi seul, tout en me rappelant ce que je savais de la maltraitance des animaux et du mal que l’élevage provoque à la Terre. Toutes mes questions trouvaient des réponses claires et précises auprès de cette demoiselle, encore une fois de façon totalement transparente : elle m’exposait son point de vue, ses idées, mais libre à moi de les accepter ou non. C’est comme ça que je conçois une vraie discussion de fond, un échange d’idées, de l’ouverture…

Tout ça mis ensemble, ça donne un omnivore (qui se sentait concerné mais pas informé) qui réfléchit à comment changer les choses, à son échelle pour commencer.

 

An apple a day…

Parlons un peu santé, maintenant. Je l’ai dit juste au-dessus, cuisiner soi-même, c’est mieux. Mais cuisiner quoi ? Simple : le plus de produits bruts possible, moins de produits transformés, et tant qu’à faire, du bio. Des marques comme Carrefour Bio ou Monoprix sont souvent moins chères que des produits de marque « classiques ».

Pour ce qui touche aux produits d’origine animale, c’est pas super reluisant. La viande que vous achetez en supermarché ou chez votre boucher habituel est pleine de cochonneries (que ce soit du porc ou non, j’vous vois venir, bande de sacripants) : médicaments, antibiotiques, fortifiants, hormones, tout un tas de produits chimiques que vous refuseriez d’ingurgiter si vous les connaissiez. Sauf qu’aux animaux d’élevage, on ne leur pose pas la question… et donc vous vous retrouvez avec tout ça dans votre assiette, sans le savoir. Ajoutons également les virus, bactéries, et autres trucs alléchants.

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Une critique/peur qui revient souvent dès lors qu’on parle de végéta*isme (aka végétaRisme + végétaLisme) : les carences. J’y ai eu droit quasi-instantanément par mes parents : « mais tu vas avoir des carences de tout plein de choses ! ». Ben… non ? Une alimentation équilibrée, quel que soit le régime alimentaire, ça se travaille, ça s’étudie, on ne fait pas ses courses comme on a le nez fait, à moins de vouloir ressembler à « Honey Boo-Boo« . Il y a autant de chances de se trouver en carence de magnésium en étant omnivore qu’en étant végétalien, c’est simplement une question de « je cuisine quoi et quand ». Je pense même pouvoir pousser jusqu’à dire qu’un végétalien est a priori plus soucieux de son alimentation et donc va penser à faire attention à manger équilibré, là où l’omnivore moyen va moins se soucier de ça.

À l’inverse, les produits d’origine végétale contiennent nombre de substances reconnues pour avoir un effet bénéfique sur la santé : vitamines, minéraux, matières grasses… souvent absents des produits animaux. Ces éléments ont un effet positif sur la santé, la concentration, la prévention de pas mal de maladies (diabète, obésité, et j’en passe).

 

Un truc de hippies écolos

Non, les vétégaliens ne sont pas nécessairement associables à une bande de hippies aux cheveux longs et sales, vêtus comme l’as de pique et fumant de la marijuana. Mais passé le cliché (et j’ai horreur des clichés 😀 ), devenir végétalien, c’est aussi prendre soin de la planète, et accessoirement de ses habitants, quels qu’ils soient.

Le gros du problème, c’est l’élevage. Ça prend de la place, ça se nourrit de tout et n’importe quoi, ça consomme des produits chimiques et autres vacheries, ça émet plus de gaz à effet de serre qu’un Hummer en côte. Et ces animaux, on doit les nourrir, donc on utilise des surfaces qui pourraient être utilisées pour la production d’alimentation humaine. Surface à laquelle on doit ajouter celle de l’élevage, et de toute la chaîne de transformation de l’animal. Parce que oui, entre la « ferme » et votre assiette, il s’en passe des choses…

N’oublions pas la pêche industrielle, qui en plus de ramasser bien plus que ce qu’elle devrait détruit aussi les habitats des animaux marins. La liste est longue, et le but de cet article n’est pas d’être exhaustif : d’autres font ça bien mieux que moi, comme L214.

 

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Comme le disait Albert Einstein, qui était quand même loin d’être le dernier des abrutis : « Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne ».

 

L’éthique animale, ça vous parle ?

Est-ce que vous trouvez acceptable de faire naître, de stocker, vaguement nourrir et laver, puis tuer, découper des animaux pour au final les mettre sous cellophane dans un rayon de supermarché ? Moi pas. Mais au fait… Combien de gens savent ce qu’il se passe entre l’élevage et la boucherie ? Et parmi ceux qui le savent, combien s’en souviennent en regardant l’étal, et le prennent en considération ? Très peu, trop peu si vous voulez le fond de ma pensée. Je ne suis pas dégoûté de la viande en tant que tel, mais de savoir quel a été le processus dans sa globalité : quel droit a l’homme sur l’animal qui l’autoriserait à agir de la sorte, à élever des êtres vivants et sensibles pour les tuer puis s’en nourrir ?

 

Le monde magique des omnivores - Source : Insolente Veggie
Le monde magique des gentils omnivores – Source : Insolente Veggie

 

Vous qui vous indignez que des asiatiques puissent manger des chats et des chiens, pourquoi mangez-vous des chèvres, des agneaux ? Vous trouvez anormal de prendre leur nid à des hirondelles, pourquoi prenez-vous le miel des abeilles dont il constitue la principale source de nourriture, élaborée après des heures de travail acharné ?

 

Bref, on sait que les animaux ressentent la douleur. Si vous pensez qu’ils sont bien traités parce qu’on en a conscience, vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Entassés dans des cages, quelques petites heures de « sortie » par jour dans le meilleur des cas, ça n’est pas ce que j’appelle un bon traitement. Il suffit d’ouvrir le journal pour s’en convaincre : lapins maltraités, poussins broyés

Et si vous avez encore des doutes sur ces réalités qui, j’en conviens, peuvent choquer/déranger la plupart d’entre vous au point d’en devenir agressif et de tout rejeter en bloc, regardez des reportages comme Earthlings, ou lisez des journaux sérieux. C’est pas sur TF1 entre des jeux de « culture » et des émissions de télé-réalité que vous entendrez Nabilla parler de tout ça.

 

Acceptabilité sociale, tout ça tout ça

Osez me soutenir que vous n’avez pas une bonne demi-douzaine de clichés peu flatteurs qui vous viennent quand vous vous trouvez face à un vétéla*ien. Je m’y suis trouvé confronté, encore peu finalement, mais j’en avais peur, je le reconnais. Le regard des gens avec qui vous mangez, celui du serveur au restaurant lorsque vous demandez un plat végétalien… Celui de vos amis, que vous invitez à manger à la maison (ben oui, je vais pas leur cuisiner un steak, soyons cohérents 2 minutes), et j’en passe.

Ce malaise quand les gens autour de vous parlent de recettes de cuisine pour faire mettons un bœuf bourguignon, et que ces gens savent que vous aimez cuisiner : « ah oui mais là non, moi je ne cuisine pas ça… » « Pourquoi ? ».

Et moi qui étais d’habitude si fier de ce que je cuisinais, je me demandais si j’allais continuer à poster quelques photos sur les réseaux sociaux, par crainte qu’on me demande ce que c’est, tout ça tout ça. Et l’idée a fait son chemin, et je n’hésite plus à poster une photo de recette avec un mot-dièse comme #GoVegan :mrgreen:

 

 

Et puis après tout, je me suis dit que ça n’avait que peu d’importance, au fond. Les gens ouverts et tolérants respectent mon différent choix de vie, même s’ils n’approuvent pas forcément. Éventuellement me questionnent, et je suis ravi de répondre. Les autres, je pars du principe qu’ils ne valent pas la peine d’être écoutés. Il y a des cons partout, et quelle qu’en soit la raison, il y aura toujours quelqu’un d’intolérant pour critiquer sans savoir, ou avec une vision de la chose si étriquée qu’elle en devient risible. Pour preuve et même si ça n’a clairement rien à voir, il suffit de constater qu’il y a des gens qui se déplacent à la « Manif’ pour tous ».

 

Le mot de la fin

Autant être honnête jusqu’au bout : ça n’a pas été si facile que ça. Pas mal de gens font une « transition » entre le régime omnivore et le régime végétalien (il passent par le végétarisme, quoi). Dans mon cas, je suis passé d’un extrême à l’autre, pour la raison expliquée au début : adhésion au régime alimentaire d’une autre personne, qui était lui déjà bien en place. D’un coup, arrêter le lait, les œufs, la viande, le beurre… et prendre conscience que certains aliments que je pensais convenables ne l’étaient en fait pas tant que ça (comme le sucre en poudre blanc, qui est raffiné), ça demande une certaine volonté et aussi pas mal de temps pour trouver des substituts et apprendre à les cuisiner. Mais clairement, avec une telle guide, c’était une partie de plaisir.

En parlant de trouver… Il m’a aussi fallu me renseigner sur les magasins où je pouvais trouver ces ingrédients. Et là, je l’avoue, j’ai été surpris de voir que même à l’échelle de ma petite ville de Troyes, il y a de quoi faire, comparer, trouver… Et au pire, il y a Internet. Comme pour les recettes qui vont avec.

 

J’en vois venir avec leurs gros sabots : des pesticides, des engrais chimiques néfastes pour l’homme comme pour la planète, ça se trouve évidemment également dans les fruits/légumes. Dans ce cas, c’est simple : consommez bio. Je ne vous dis pas que vous aurez 0 produits dangereux, mais vous limitez la casse, et aidez à promouvoir un mode de vie durable et éthique.

 

 

Et pour en finir avec les carences, renseignez-vous : rouspéter alors que vous ne savez pas ce qu’est une protéine et à quoi ça sert, c’est pas top crédibilité dans un débat.

 

Les carences - Source : Insolente Veggie
Les carences – Source : Insolente Veggie

 

 

La démarche suivante, c’est évidemment le véganisme. Là, on ne se limite plus à l’alimentaire, mais bien à tout ce qui est issu de l’animal : vêtements, ustensiles… fini les mocassins en cuir de vachette et les éponges en graisse de porc, exit les couettes en plume et les brosses en poil de sanglier. Je n’ai pas encore totalement franchi le pas : j’ai pris la décision de ne plus acheter, mais je continue à porter ce que j’ai déjà, jusqu’à ce que tout ça soit bon à jeter. Je suis bien tenté par les shampoings fait maison, les produits ménagers aussi… Des découvertes en perspective ! 😛

Allez, ne prenez pas tout ça trop mal, mais pensez-y : vous voulez rester des consommateurs, ou devenir des consom’acteurs ? 🙂

 

J’ai conscience qu’un article comme celui-ci, déjà long mais diablement incomplet, peut déchaîner les passions dans les commentaires. Je demanderai juste aux personnes qui souhaitent donner leur avis de réfléchir à deux fois avant de mettre n’importe quoi, et de faire preuve d’ouverture et de respect. Je n’ai jamais eu à supprimer un commentaire, les lecteurs sont habituellement assez grands pour s’auto-réguler, donc prenez vos responsabilités. Et si j’estime que ça dépasse l’entendement, ne venez pas rouspéter. 🙂

 

Allez, on se quitte en musique (et écoutez les paroles !), pour une fois ! Il paraît que ça adoucit les mœurs 😉

 

(Yves Jamait – « Athées souhaits », sur l’album « Je passais par hasard », que je vous recommande fortement)

8 commentaires sur “Devenir végétalien : pourquoi, comment ?

  • 19 novembre 2014 à 14 h 30 min
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    Salut,

    Je me pose également ces questions depuis quelques temps sans réellement chercher des réponses concrètes. Mais je pense pour ma part qu’il est plus intéressant de trouver un juste milieu, d’autant plus que la viande et les matière animales font parties des innombrables cultures humaines, de même que le végétarianisme et autres vegé-. Je pense par exemple à la mémoire qui est transportée dans les plats à base de viande : est-il si facile de s’en détacher au quotidien? Que serait une fête alsacienne sans viande?
    J’entends les arguments éthiques et pragmatiques que tu exposes très clairement (par exemple pour la vitamine B12). Il existe cependant d’autres point de vue qui se justifient tout à fait et qui ont raison à leur façon. Ils ont été exposés, il me semble, dans les discussions suivant certains de tes posts précédents et je ne souhaite pas y revenir.

    Aussi, n’est-il pas plus commode et satisfaisant d’emprunter une position personnelle à l’équilibre entre les différents registres éthiques, pragmatiques et aussi permettant un bien-être personnel? Celle-ci ne consisterait-elle pas à chercher à vivre un peu de ces différentes cultures culinaires et pratiques quotidienne, jamais dans l’excès – et nous sommes d’accord qu’il est assez excessif de manger de la viande à tous les repas – toujours dans la modération, la découverte et une adaptations aux diverses contingences de la vie tant sociale qu’économiques, etc.?
    – Lundi je mange végétarien (focus: créativité du végétal)
    – Mardi je mange asiatique (focus: le riz à l’honneur)
    – Mercredi je mange europe centrale (focus: le pain au centre)
    – Jeudi je mange avec mes amis (focus: convivialité de l’apéro)
    …etc.

    Réponse
    • 28 novembre 2014 à 11 h 40 min
      Permalink

      Salut,

      je ne nie pas que la viande et les goûts, la cuisine… qui y sont associés sont à oublier. Ça fait partie des « traditions » de chaque région du monde (je mets des guillemets parce que pour autant, c’est pas non plus millénaire… c’est de la rigolade à l’échelle de l’Homme).
      S’en détacher au quotidien, en tant que consommateur lambda, ça n’est pas si difficile, preuve en est faite. La plus grosse difficulté, au final, c’est de manger correctement dans un resto d’entreprise ou universitaire, par exemple. Tout n’est pas toujours fait pour convenir à tout le monde, et c’est normal.

      Pour autant, j’ai du mal avec le concept de « moitié-moitié » que tu évoques : vivre les différentes cultures, oui, bien évidemment, mais choisir un régime végéta*ien, c’est toujours pour de bonnes raisons : éthique, santé…
      À quel moment on peut faire ce choix, mais tout en se disant « je ne mange sain que le lundi » ou « le lundi, je ne participe pas à l’exploitation animale parce que c’est contre mes valeurs, par contre je mettrai ces valeurs de côté demain, ça ne me dérangera pas à ce moment-là » ? 😕 C’est probablement un peu binaire comme vision, mais je ne pense pas que ce soit « acceptable » autrement (dissonance cognitive, tout ça). Non ?

      Et pour ce qui est du jeudi : un apéro convivial, ça n’est pas nécessairement avec du saucisson, des chips font très bien l’affaire… ou des olives <3 😉

      Bref, et encore une fois cela n'engage que moi, je ne saisis pas trop comment on pourrait "modérer" sa consommation de produits d'origine animale si le traitement des animaux en question nous pose un problème de conscience. Mais le faire pour des raisons personnelles, oui, c'est bien, encore qu'un équilibre auto-défini n'en est pas forcément un aux yeux de tous...
      Cela dit, et comme tu le soulignes, un équilibre entre tous ces aliments est plus facile à trouver, et pourquoi pas commencer par là pour ensuite poursuivre dans une voie plus respectueuse des animaux, de l'environnement, et de soi-même ?

      Réponse
  • 1 décembre 2014 à 19 h 57 min
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    D’ailleurs, lorsque l’homme était chasseur-cueilleur, (c’est a dire végétalien, nous ne sommes pas nés omnivores), il se nourrissait de plante et de végétaux, et trouvait la B12 dans le sol et dans ces plantes.

    Je ne pense pas qu’un chasseur soit végétalien 😉

    Réponse
  • 7 décembre 2014 à 13 h 20 min
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    c’est intéressant de lire, périodes après périodes, comment des gens initialement correctement intégrés psychosocialement à leur monde contemporain, s’en détache sur une pratique fondamentale des mécanismes de reconnaissance identitaire sociale : la façon de se nourrir

    ce qui est marrant, c’est que l’observation faite sur du long terme, échelle de 50ans, montre que les mêmes mécanismes de justifications sont employés, avec les arguments à disposition au moment, dans le contexte économique et idéologique du moment et de la région.
    Et que l’on voit, qu’à chaque époque, les gens font des efforts de rationalisation de leur pratique, considérable, pour crédibiliser leur détachement d’un comportement statistiquement dominant, avec les mêmes normes de rationalisation que celles des gens « dominants » dont ils se détachent.

    je ne me suis jamais posé les questions de carence, de diététique, de participation économico écologique à une culture. dès mon enfance, il y a très longtemps, les moeurs des gens, famille comme extra famille, me semblaient immondes, repoussant. et je mentais pour m’y adapter, y survivre.
    je me fous des carences et des croyances. j’ai pas d’argent, douloureusement acquis, à redonner à cette culture.
    la viande, les fromages artificiels etc… ça coûte, et mon appréciation de leur goût est fortement influencé par la haine de la cuisine des gras du bide et des attrophiés du bulbe qui me faisaient ravaler mon vomis de leur cuisine.

    donc je me nourris, avec ce qui ne leur ressemble pas, et que j’invente, à partir de ce que je trouve de moins transformé et de moins coûteux.

    quant à mes capacités mentales et physiques, interactivement liées, d’après les médecins qui me suivent de temps en temps, si leurs autres clients de mon âge étaient comme moi, ils auraient très peu de travail, et l’industrie pharmaceutique ne pourrait pas se développer en tant que système privé.

    quant aux discours des gens normés, dominants, ou non, ce qui me fait marrer, c’est leur pseudo rationalisme, et utilisation approximative de sources de sciences socialisées : le dernier exemple de cet article est croustillant (la référence au végétalisme des chasseurs cueilleurs )

    Réponse
  • 17 février 2015 à 13 h 36 min
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    Vous pourriez bien répondre « hors-sujet » ou « ce n’est pas parce qu’on ne peut pas faire des efforts sur TOUT qu’il faut faire des efforts sur RIEN », mais je pose quand même la question:
    être végéta*ien pour son propre bien-être, ça me parle à peu près ; l’être pour le bien-être de la planète me laisse un peu plus perplexe, car on a un tas d’autres façons de causer du tort à la planète: la pollution par voiture ou par déchets électroniques notamment (a fortiori les batteries il me semble ; et alors je m’interroge sur la pertinence des véhicules électriques).
    Peut-être est-ce une question d’échelle, que renouveler un ordi et un smartphone tous les 4 ans (+production d’énergie pour les faire tourner ainsi que les routeurs et serveurs qu’on utilise) est nettement moins polluant que tous les aliments consommés sur la même période, néanmoins un changement de comportement alimentaire « aussi drastique » me semble plus cohérent s’il fait partie d’un changement plus global.

    Réponse
    • 17 février 2015 à 15 h 01 min
      Permalink

      Bonjour,

      hors-sujet, non ! Toute remarque est bienvenue tant qu’elle reste cordiale, et c’est le cas 🙂
      On peut très bien ne pas être d’accord avec ce que je dis, je ne pose pas cet article comme une vérité universelle mais comme la mienne, et je suis toujours content d’en débattre !

      Donc. Tu penses a priori que ton bien-être est plus important que celui d’autres êtres vivants ?

      Le changement, comme le réchauffement climatique, n’est global que si on le décide. Je traite ici d’un aspect particulier, mais effectivement il convient de ne pas « choisir » une voie d’action en négligeant les autres…

      On peut légitimement se poser la question de la pollution générée par l’informatique, l’électronique… qui n’est évidemment pas négligeable, loin s’en faut. Idem pour les batteries de voitures auxquelles tu fais allusion.
      Cependant, il ne faut pas raisonner sur une unité, ou sur un élément, mais penser « cycle de vie » (aka de l’extraction des matières au recyclage, en passant par toutes les phases de production, fabrication, utilisation, réutilisation…), avec une notion de performance, de service rendu… là seulement on peut comparer des choses comparables. Il ne suffit pas, pour évaluer l’impact environnemental d’un produit ou d’un service, de mesurer une quantité de CO2 émise et de comparer : tout dépend de quoi on parle, et il existe une multitude d’indicateurs environnementaux. J’en décris d’ailleurs un certain nombre sur ce blog.

      Pour en revenir à la « comparaison » entre la consommation de produits d’origine animale : d’un point de vue strictement environnemental, l’élevage (et ses co-produits) est responsable de 51% des émissions totales de gaz à effet de serres dues à l’homme [1]. Pour analogie, le transport de biens et personnes dans sa totalité, c’est 13% [2].
      Je t’invite (et les autres lecteurs aussi) à regarder le reportage « Cowspiracy » dont voici la bande-annonce. Il est disponible en anglais sous-titré français.

      Et ça, ce n’est que la partie liée à l’environnement. Comme tu le soulignes, il ne faut pas oublier la santé, et là, la légitimité de ce changement alimentaire s’impose d’elle-même. Pas plus de contraintes, au final : manger varié et équilibré demande le même investissement personnel quel que soit le régime alimentaire adopté. Seulement, pour l’organisme, il est plus sain de se passer de produits animaux.

      Dans ton équation, tu sembles cependant omettre un aspect qui me semble essentiel : l’éthique ! 😕
      Là, on parle plus de souffrance animale… Cette notion a encore du mal à percer dans nos médias traditionnels, mais ça vient. As-tu récemment lu que Zara & co arrêtent d’utiliser de la laine angora, par exemple, suite à des images tournées dans des « centres de production » ? Je t’invite à regarder le reportage au bas de l’article de BFM [3] et à me dire si, éthiquement, le traitement infligé à des êtres vivants comme des lapins te semble justifié.

      Tout ça pour dire que si passer d’une alimentation omnivore à une alimentation végétalienne semble « drastique », elle est pourtant bien inscrite dans une démarche globale, tant environnementale qu’éthique.
      Et que pour autant, la problématique environnementale dans son ensemble ne me passe pas au-dessus, loin de là, puisque j’en ai fait mon métier et que j’y consacre également une partie de mon temps libre ! 😉
      Effectivement, changer de régime alimentaire n’est pas la réponse à tout, mais c’est une des solutions les plus efficaces, à mon sens. Elle ne change rien au taux de renouvellement des iPhone, on est d’accord, mais à chaque problème ses leviers d’actions et solutions. Là, on s’attaque « juste » à la plus importante source d’émissions de gaz à effet de serre. Sans parler, là encore, de santé, d’éthique, et de respect pour les êtres qui nous entourent.

      Biblio :
      [1] http://www.worldwatch.org/node/6294
      [2] http://www.epa.gov/climatechange/ghgemissions/global.html
      [3] http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/zara-s-emeut-du-sort-des-lapins-angora-chinois-862489.html

      Réponse
  • 11 mars 2015 à 9 h 47 min
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    « Donc. Tu penses a priori que ton bien-être est plus important que celui d’autres êtres vivants ? »
    Je n’ai pas dit ça… même si ma nature égoïste m’orienterait plus facilement vers de tels choix en fonction de mon propre bien-être. D’ailleurs j’ai plus de leviers pour faire évoluer les choses positivement en ce qui concene mon propre bien-être qu’en ce qui concerne l’ensemble des êtres vivants.

    Quant à l’éthique….. depuis longtemps il y a des lapins dans le jardin de mes parents, qu’on cajole et qu’on laisse gambader aux beaux jours, et qu’on mange quand ils arrivent à maturité. Et ça ne me pose pas particulièrement de problème. Mais je pense que ça n’a rien à voir avec l’élevage industriel.
    Donc je m’orienterais (et je m’oriente) plus vers de la production raisonnée, de végétal comme d’animal, que vers le choix d’arrêter la consommation de viande et de poisson.

    Réponse
  • 3 avril 2015 à 13 h 54 min
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    Comme d’habitude ton article est superbement écris ! Tu le sais je ne suis pas vgan et je pense que je ne le serai jamais même si je comprends tout à fait les arguments 🙂
    Après certaines explications comme la B12 m’a appris quelquechose : en BTS diet on apprends pas du tout que la B12 n’est pas « naturellement » dans les produits animaux … Du coup je vais le retenir 😉

    Concernant les magasins Troyes : fais péter les adresses ! ! Je ne suis pas vegan mais j’aime la BONNE bouffe et j’ai quand même un minimum de conscience écologique (merci maman:)) 😉

    En tout cas moi je t’accepterais toujours 😛 <3

    Réponse

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