Earthlings, spécisme, torture et autres joyeusetés

Article inhabituel aujourd’hui. On reste dans la thématique « environnement », qui devrait se renforcer un peu au fil des prochaines semaines (sans vouloir faire peur aux informaticiens, hein, je change rien à la ligne éditoriale globale, en admettant qu’il y en ait une). Mais on m’a récemment conseillé de regarder plusieurs documentaires, dont « Earthlings », un docu de Shaun Monson sorti aux Etats-Unis en 2005, et qui analyse la conduite de l’humain face au monde animal. Je tiens vraiment à en parler, parce que ça m’a profondément touché (pour ne pas dire bouleversé), et je trouve que ce genre de choses devrait être partagé. Explications.

 

Point vocabulaire : le spécisme

Je sais pas vous, mais je n’avais jusqu’alors jamais entendu ce mot. Du coup, je vais essayer de le définir, par rapport à ce qui est expliqué dans le film, ce qu’on m’a dit en dehors, ce que j’ai lu et compris… Donc à prendre avec quelques précautions, tout de même ! 🙂

Spécisme, donc, qui nous vient de l’anglais speciesism. Par analogie avec sexisme, racisme… ça désigne le fait de discriminer sur le critère d’appartenance à une espèce. Le raciste va clairement privilégier sa propre « race » (pour peu qu’on en admette l’existence) au détriment des autres. Et quand je dis détriment, j’entends « impact négatif », puisqu’on ne peut pas tirer toutes les couvertures à soi sans que l’autre ne se caille les miches, a minima. Ben là, il s’agit de la même chose, transposée aux espèces animales. Le spéciste, pour sa part, va privilégier les activités et intérêts de l’homme, au mépris de tout le reste des habitants de la planète, et tout particulièrement les milliers d’espèces animales qui y vivent. Voire, et comme c’est souvent le cas dans toute démarche discriminatoire (vous en doutez ? Retournez-vous, et regardez un peu l’Holocauste, l’Apartheid…), ils se croient supérieurs au reste, et auraient le droit de disposer des êtres inférieurs comme bon leur semble.

Donc pour faire simple : si ce film ne vous fait rien, vous êtes typiquement à ranger dans la catégorie « spéciste » (et pourtant, j’aime pas catégoriser les gens).

 

Et ce film, il parle de quoi ?

On va faire ultra simple et garder le découpage du réalisateur. Sont donc abordés 5 points principaux :

  1. Première partie : les animaux domestiques
  2. Deuxième partie : la nourriture
  3. Troisième partie : l’habillement
  4. Quatrième partie : le divertissement
  5. Cinquième partie : la science

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Ça couvre donc globalement les 5 « domaines » pour lesquels les animaux sont utilisés, hors de leur vocation initiale. Détaillons un peu chacun des thèmes abordés, alors… mais je ne serai pas exhaustif, cet article n’a pas vocation à résumer le film, mais à vous convaincre que certaines choses existent, qu’il faut en prendre conscience, et pas fermer les yeux en se disant que ce que l’on ne voit pas n’existe pas, comme le font bien trop de gens. Quand même, chapeau bas au réalisateur, qui a mis 5 ans à tourner toutes ces images en caméra cachée.

 

Les animaux domestiques

Pour commencer, quelque chose de courant. Enfin, de courant… Je m’exprime mal : tout ce qui est abordé dans Earthlings est courant, seulement, on le voit plus ou moins, et plus ou moins de moyens sont déployés pour masquer ce qui peut déranger.

 

Les animaux domestiques, donc. Chiens, chats, cochons d’inde… chacun a sa préférence. Beaucoup souhaitent posséder un animal familier, pour tout un tas de raisons. Et parmi ces gens, il y a ceux qui s’occupent correctement de leur animal, et les autres. C’est sur les « autres » que se focalise le reportage. Maltraiter un animal domestique, c’est jouer avec sa santé, avec son mental, le rendre malade, le blesser… et pour bien faire, l’abandonner quelque part où il finira probablement par mourir.

Un (dernier ?) refuge
Un (dernier ?) refuge

Ces animaux abandonnés, on les recueille, on les traite aussi bien qu’on le peut (bravo à la SPA pour le travail qu’elle fait, je suis déjà allé plusieurs fois au refuge le plus proche de chez moi), avec les moyens à disposition. Mais il arrive un moment où les cages sont surchargées, où les animaux tombent malades, vieillissent… Et à ce moment, un des moyens de les faire « partir » le plus rapidement, c’est l’euthanasie. C’est triste à dire, mais abandonner un animal le long d’une route, ça revient souvent à l’euthanasier. C’est seulement une question de délai.

L'euthanasie...
L’euthanasie…

Un chiffre donné par le réalisateur : 25 millions. 25 millions d’animaux domestiques abandonnés chaque année. Dont 9 millions qui mourront dans la rue, par accident, de faim, de froid, de maladie, de blessures… Ce qui nous laisse 16 millions d’animaux en refuge, qui finiront pour certains dans un nouveau foyer (merci les gens qui adoptent ! ♥ ), ou… eh bien, comme déjà dit, tués par manque de place. Et encore, il y a des endroits sur Terre où on ne s’embête pas avec des refuges : un animal errant ? Bah, un coup de carabine, et il n’errera plus bien loin…

Je ne vous rajoute pas d’image des gens qui balancent un pauvre chien errant mal en point dans un camion à ordures… on sait tous comment sont compactés nos sacs poubelles.

 

Une des solutions à ce problème, c’est évidemment la stérilisation des animaux de compagnie. Le sujet est (un peu) abordé dans le documentaire, mais en gros, si on limite la reproduction de nos amis à poils/plumes/autres, on évite de tuer les petits à la naissance ou de les abandonner dans la rue… Sauf qu’apparemment, pour plein de gens, castrer/stériliser sa bestiole, ils le vivent eux-mêmes, et ça les met mal à l’aise, donc ils ne le font pas. Ne pas éviter ça, de la part du « propriétaire » d’un animal (les guillemets, c’est parce que j’ai un peu de mal avec le fait de posséder un autre être vivant/pensant), c’est ne pas prendre ses responsabilités, et dans ce cas, on n’achète pas de bête.

 

La nourriture

C’est une des plus grosses parties, ça. Quand on achète un paquet de saucisses, un poulet, une côte de bœuf au supermarché… on se dit quoi ? Que la bestiole en question a mené une vie sympatoche, à crapahuter dans un pré ? Oui, ça arrive, mais c’est rar(issim)e. La réalité, c’est qu’on les élève à la chaîne (d’ailleurs, le mot « industrie » en dit long), et qu’on les massacre (désolé, mais je ne vois pas d’autre mot pour qualifier de telles pratiques) avant de les transformer en pièces consommables. Dans un abattoir, on ne compte pas les bêtes, ni les têtes, mais les kilogrammes de viande en sortie. Et par extension, de nombreux éleveurs se sont mis à raisonner de la même façon, parce qu’on en est arrivé à un stade où les intérêts économiques des éleveurs ont plus d’importance que les intérêts, que les vies même, des animaux.

Vous avez déjà vu un porc se faire « assommer » ? Hé, un pistolet d’abattage, ça n’a rien de gentillet. On appelle aussi ça un « pistolet à projectile captif », dans la mesure où physiquement, on ne colle pas une balle dans le cerveau de la pauvre bête se trouvant au bout du canon. Basiquement, on propulse (air comprimé, ou cartouche de poudre) un piston sur le crâne de l’animal, et ça l’assomme. Le piston revient dans son logement, d’où le nom. Et quand je dis « ça l’assomme », on parle d’une bête destinée à l’abattage, donc on se fout un peu du fait qu’elle soit en bon état. Du coup, ça cogne bien fort, et je vous décris pas la marque de l’impact sur le crâne de l’animal.

Les animaux dans les abattoirs sont également tués par des chocs électriques. Mais parfois (et même très souvent) ces chocs électriques ne sont pas assez puissants pour tuer (ou au moins assommer) l’animal. Du coup, la bête arrive sur la chaîne et est découpée/charcutée vivante et consciente. C’est apparemment le cas des vaches françaises, pour une marque (que je ne citerai pas, en ces temps troublés où la moindre critique de la part d’un blogueur personnel lui vaut une amende) qui pour des raisons d’économies d’électricité a réduit la puissance de ces chocs. Ou pour des poules, qui du coup se retrouvent ébouillantées encore vivantes.

 

Vous voyez la taille de ce truc ?!
Vous voyez la taille de ce truc ?!

Et si c’était la seule torture qu’on leur faisait subir… Allez, en vrac : un porc, on va lui couper la queue, les oreilles… sans anesthésiant. Une vache ? Oh, on va l’écorner, la marquer…

Sans anesthésiant... vous imaginez ce qu'elle ressent ?
Sans anesthésiant… vous imaginez ce qu’elle ressent ?

 

Et là j’en vois venir quelques-uns, en mode « c’est pour ça que je mange casher ». Par chance, le réalisateur a également fait un tour dans les abattoirs casher, et a relevé les « violations » qui étaient faites aux principes définis pour ce type d’abattage. Ben franchement, les différences sont minimes, et ce que vous pensez manger après avoir été tué dignement n’est ni plus ni moins qu’un beau mensonge. Ceux qui connaissent : est-ce que selon vous, électrocuter un animal immobilisé, c’est convenable ? Est-ce qu’égorger un animal retourné, le forçant du coup à ingurgiter son propre sang, c’est convenable ? Continuer en lui retirant la trachée et l’œsophage, c’est convenable ? Le balancer par terre, dans son sang, entrailles pendantes, alors qu’il est encore vivant, c’est convenable ?

C’est pas mieux dans un abattoir « classique » hein, je ne tape pas sur le casher gratuitement, mais il ne faut pas non plus croire tout ce qu’on dit sans vérifier… Si c’est ça la shehita, alors ça ne vaut pas mieux que le reste des méthodes d’abattage.

Pour le casher et le halal, l’animal doit être traité avec compassion et douceur, il ne doit rien sentir. Or ce n’est évidemment pas le cas dans les abattoirs. Par conséquent, les viandes halal ou casher n’ont rien à voir avec l’application de cette tradition religieuse. Le « producteur » n’a aucune obligation d’indiquer si l’animal est abattu de façon halal ou non (à vrai dire, c’est même l’inverse : il ne doit pas le faire), et du coup, même si on est contre cette pratique, on peut manger de la viande du commerce qui a été abattue de façon halal sans le savoir.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’on voit dans le reportage des gens qui ont l’air de s’éclater à faire leur métier. Maltraiter des animaux innocents et inoffensifs… gratuitement ? Ha, mais ils sont même payés pour ?! C’est classe sur un CV, « insulte des porcs destinés à l’abattoir et les fait avancer à grands coups de savate et de bâton »…

 

Hélas, c’est aussi valable pour la volaille, tout ça… et pour les poissons. L’homme n’est pas plus respectueux des animaux marins qu’il ne l’est des animaux terrestres.

Si si, il zigouille un dauphin, là...
Si si, il zigouille un dauphin, là…

Beaucoup de gens pensent que les poissons ne sont pas des animaux comme les animaux terrestres, mais ils souffrent tout autant. Des études scientifiques (comme celle-ci) montrent que les poissons ont un système nerveux très complexe. Par exemple, pour le homard, si on le coupe en deux, il va souffrir des deux côtés (si si). Alors qu’est-ce que ça doit être de le faire bouillir vivant… Et puis… personne (‘fin techniquement, si, mais bon) n’a envie de manger du chat, alors pourquoi manger un cochon ? Et de la même manière, personne n’a envie de manger un dauphin, alors pourquoi manger un cabillaud ? Une sardine ?

 

L’habillement

Je ne vous apprends rien : des ceintures aux chaussures en passant pas un paquet de vestes, manteaux… vous vous drapez dans la peau d’innocentes victimes. Peau qui, soit dit en passant, n’est rien de plus que de la matière organique, amenée à se dégrader, comportement inhibé par l’ajout de produits chimiques nocifs qui ont une nette tendance à attaquer la peau de l’homme.

Alors, pour bien faire, ce ne sont pas les mêmes animaux qui sont élevés pour la nourriture et l’habillement. Vous pourriez vous dire que la vache que vous mangez a « donné » son cuir pour faire un sac à main. Ben non. C’est une autre vache, qui elle ne terminera pas dans un rayon de supermarché !

Une "vache à cuir"
Une « vache à cuir » vivante…

 

Alors, le cuir, OK, on connait tous, c’est globalement accessible. La laine, aussi, toutes ces choses là. Mais la fourrure… Il y a des gens qui envoient 50 000$ pour un manteau de fourrure. Y’a que moi que ça choque ?

On estime que 100 millions d’animaux sauvages (chassés, piégés…) sont tués chaque année pour être dépecés… Ils sont stockés dans des cages, où ils deviennent fous (passez d’un espace quasi infini à une cage de moins d’1m² que vous partagez avec 3 collègues qui finiront par céder à la tentation de vous bouffer une patte… vous verrez), tournent en rond…

Comme quand vous enlevez votre T-shirt... Lui, c'est seulement sa peau. Il est vivant.
Comme quand vous enlevez votre T-shirt… Lui, c’est seulement sa peau. Il est vivant.

Ces animaux subissent une mort plus que lente et cruelle. Dépecés vivants, pour la plupart… ou abattus, mais là encore, on privilégie la méthode la moins coûteuse, donc pas la plus respectueuse… Du genre empoisonner un loup au monoxyde de carbone, ou à la strychnine (le premier poison à avoir été isolé, dont l’utilisation est par ailleurs interdite en France depuis 1999, même dans la lutte contre les rongeurs, alors que certains humains se dopaient avec à faibles doses). Ouais, OK, c’est pas super glamour. Mais l’électrocution anale non plus, hein : insérer une sonde dans l’arrière-train, faire mordre une tige métallique et faire passer un bon courant, c’est clairement pas dans mes objectifs. Pauvre renards…

Sans commentaire...
Sans commentaire…

Ouais, pis on fait des économies avec ce qu’on peut, donc on file les dépouilles des copains à manger aux survivants provisoires…

Un jeune phoque, au milieu des dépouilles de ses comparses...
Un jeune phoque, au milieu des dépouilles de ses comparses…

 

Pour revenir aux vaches, certains cuirs proviennent quand même d’animaux abattus pour leur viande, mais pas tous. D’ailleurs, pour fabriquer le cuir très fin et très « noble », qu’on appelle le « vélin » (utilisé pour faire des sacs de luxe –vous qui pensiez acheter une image et un statut social, pensez-y), on abat une vache qui a encore son petit veau dans le ventre. Le veau a encore une peau très fine et très fragile, et c’est ce cuir qui est utilisé…

 

Le divertissement

Qu’est-ce qu’il faut entendre par « divertissement » ? Eh bien, toutes les activités pour lesquelles nous, humains, utilisons des animaux pour notre bon plaisir. Chasse, pêche, mais aussi zoos, cirques, corridas…

Ne croyez pas que parce qu’on vous dit qu’on traite bien les animaux dans les ménageries, par exemple, que c’est nécessairement le cas. Evidemment, devant du public, ce serait dérangeant de mettre des coups de pique à un éléphant. Mais en coulisses, qu’en est-il réellement ? Encore une fois, Earthlings nous conduit au cœur de la chose, toujours en caméra cachée… 😕

 

Idem pour les rodéos, les corridas… Ça m’a toujours paru abominable. S’amuser à faire souffrir des êtres vivants, tout en étant parfaitement conscient de la souffrance ainsi infligée, et continuer à aimer ça ? Pardon, mais là, il faut quand même avoir des ampoules grillées à certains étages. Tradition ou pas. On est censé évoluer, un peu, quand même. Sinon, quitte à revenir aux traditions, on se remet à écarteler les criminels, on rétablit le supplice de la roue… ça au moins, c’était convivial, chacun venait avec son p’tit bâton, tout le monde participait ! (pas taper, c’est une réplique de Kaamelott, bien que très à propos 😀 ). Et le lasso ? Attraper un veau lancé à toute sa vitesse par le cou, et le stopper net, vous avez une vague idée du choc qu’il se prend de façon hyper localisée ? Je vais pas vous enquiquiner avec un calcul d’énergie cinétique, mais quand même, vous savez déjà ce que peut faire une ceinture de sécurité…

Tellement classe de se mettre à deux avec des piques pour violenter un éléphant...
Tellement classe de se mettre à deux avec des piques pour violenter un éléphant…

Le cirque, donc. Parce que le reportage en parle pas mal, et parce que c’est toujours quelque chose qui m’a agacé. Qu’un type se déguise et fasse le guignol, ouais, OK, chacun son passe-temps, faire rire les autres c’est cool, j’y arrive très bien sans le faire exprès. 😉
Mais un lion qui saute dans un cerceau, un éléphant qui s’assoit sur un plot… Est-ce un comportement naturel ? Non, c’est du dressage/domptage. Parlons-en, tiens. Ma première mauvaise impression sur le dressage vient de Dumbo. Ouais, ça nous rajeunit pas, mais de voir cette maman éléphant isolée, maltraitée, parce qu’elle voulait protéger son petit de la cruauté d’un jeune con. De le voir, lui, bébé éléphant, seul, loin de sa mère et de l’amour qu’elle lui portait. Parce que ne nous leurrons pas, même si Disney passe ça sous silence, un éléphant supposé dangereux (et là j’ai envie de dire : un éléphant est sauvage et n’a rien à faire sous un chapiteau, encore moins avec une plume au sommet de la tête) et considéré comme une menace pour le public, on va pas le relâcher, on va le tuer.
Ainsi, les animaux sauvages accompliraient de tels tours ? Comme ça ? Pour une vague récompense ? Ou pas. Parce que derrière le rideau, ils sont martyrisés, et qu’ils ont peur de leurs dresseurs et des punitions infligées. Extrait de la discussion filmée entre un dresseur et son « apprenti » :

Hurt him. Don’t touch him! Make him scream. If you’re scared to hurt him, don’t come in this room. […] And he’s gonna start screaming. When you hear that screaming, then you know you’ve got their attention a little fuckin’ bit!

Fais-lui mal. Ne le touche pas ! Fais le barrir. Si tu as peur de lui faire mal, tu n’as rien à faire ici. […] C’est là qu’il va gueuler. Quand tu l’entends gueuler, tu sais qu’il est prêt à t’écouter.

C’est quand même particulier comme méthode, vous trouvez pas ? Vous choisiriez ce mode de vie, vous, si on vous le proposait ? J’en doute fort. Mais à eux, on ne leur a pas laissé le choix. Et vous payez pour voir ça. Et ça encourage les cirques à poursuivre dans cette voie.

Et si jamais un animal se rebelle (ça arrive, on le voit dans le film), eh bien… Il finit avec plus de plomb dans le corps que de muscles.

 

Et les zoos ? Valeur éducative, mission de conservation, tout ça. Mais concrètement, ils transmettent quoi ? Pour nous, visiteurs, les animaux que nous voyons ne sont que des curiosités, des objets. On va passer la journée au zoo, et basta. Mais ces animaux, ils vivent loin de chez eux, toute l’année, en captivité. Rendus dépendants de l’homme pour survivre, parce qu’incapables de se débrouiller sans les gardiens, vétérinaires, etc. Relégués au rang d’attraction à touristes, attraction dont le but est de rentabiliser la captivité des « hôtes » en questions.

 

M’enfin je préfère un zoo à une corrida, quand même. S’il fallait choisir. Mettre en scène la mort d’un animal qu’on dit respecter… Alors que tout est fait pour l’affaiblir (poids accrochés aux cornes, tranquillisants, laxatifs, isolement dans le noir…).

Non, la lame, c'est pas pour le détacher...
Non, la lame, c’est pas pour le détacher…

 

La science

Allez, haut les cœurs (c’était un peu la réalité quand j’en suis arrivé là, des hauts-le-cœur), c’est le dernier morceau. Celui où on fait subir tout ce qu’on peut à des animaux, « pour voir ». Officiellement, pour les premiers essais de médicaments, cosmétiques… avant d’adapter les formules et de faire des tests cliniques sur l’homme.

Retenez bien que les animaux ne réagissent pas du tout comme nous à ce qu’on leur inflige. Et que les seuls tests ayant une vraie valeur, et les seuls reconnus et obligatoires, ce sont les tests humains. Alors à quoi bon les faire sur d’innocentes créatures ? Ça coûte de l’argent, ça prend du temps, et ça retarde les tests cliniques… Et puis, une maladie inoculée ne se comporte pas comme une maladie contractée spontanément !

Et d’ailleurs, 80% des tests appliqués aux rongeurs sont inapplicables à l’être humain. L’idéal serait de faire ces tests sur des cellules souches, ce qui soulève un autre débat, lequel n’est pas l’objet de cet article.

"Si c'est bon pour toi, c'est bon pour moi !"
« Si c’est bon pour toi, c’est bon pour moi ! »

Personnellement, je vois les tests sur les animaux comme une insulte à la Science. La vivisection, par exemple. Ou ces essais pour simuler l’effet d’un accident de voiture sur le cerveau : on ligote un babouin, on lui colle la tête dans un casque, et on redresse sa tête de 60° à une accélération de 1 000g. Je sais pas si vous imaginez le choc dans la boîte crânienne… On ferait ça sur un de vos gosses, ce serait toujours si acceptable ?

Des chats de labo...
Des chats de labo…

 

Pour (en) finir…

…il est une loi universelle que l’on va exprimer ainsi : toute mort non-naturelle s’accompagne de douleur et de souffrances. Les animaux ne font pas exception. De quel droit, nous, humains, pouvons nous décider de leur infliger de tels traitements, et à si grande échelle ?

Ce n’est pas parce que les animaux auraient un degré d’intelligence inférieur au nôtre qu’ils ne souffrent pas. Ils éprouvent même un certain nombre de sentiments, comme vous et moi : joie, solitude, tristesse…

La douleur, concrètement, c’est quoi ? Des signaux, des impulsions électriques transmises par les nerfs au cerveau. Ces impulsions ont pour origine les sens : ouïe, odorat, toucher… Et les animaux en disposent aussi. Certains animaux ont même des sens bien plus développés que les nôtres… la souffrance engendrée serait d’autant plus forte ! 🙁

Jamais, jamais, nous n’avons fait de découvertes sur la physiologie de l’homme en torturant des animaux. On en a juste appris un peu plus sur les dits animaux. Et à quel prix, je vous l’demande.

 

Alors, que prouvons-nous avec de telles pratiques ? Et je parle bien des 5 « domaines » abordés par le documentaire….
Elles prouvent une fois de plus, si toutefois c’était nécessaire, que l’homme n’a toujours pas atteint son niveau d’abaissement le plus bas. Mais il y travaille, rassurez-vous.  Avons-nous perdu toute sensibilité, pour ne pas réagir face à de tels comportements ? Est-ce que fermer les yeux suffit à certains pour admettre que s’il refusent de voir une chose, alors elle n’existe pas ?

 

Une « excuse » régulièrement invoquée par les spécistes est l’ignorance. « Ouais, on savait pas, nous ». Ne pas faire preuve de suffisamment de curiosité, avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, c’est impossible. Surtout que plein d’éléments devraient les faire tiquer : pourquoi des labels sur la viande, les animaux ? Parce que des différences de traitement existent. Mais quels traitement ? « On s’en carre, le label rouge il est mieux, mais cher, c’tout ». C’est sûr, c’est pas devant « Les anges » ou un pseudo-JT de TF1 qu’on va en apprendre davantage sur tout ça. L’homme peut bien continuer à s’abaisser tout seul en regardant ses congénères se ridiculiser dans « Confessions intimes », ça ne m’atteint pas, je ne cautionne pas, mais chacun fait ce qu’il veut de sa vie. Mais pas de celle des autres. Là, on parle de gens qui ne veulent pas connaître la vérité.

« M’en parle pas, tu vas me couper l’appétit ». Ah ben c’est certain qu’avec un tel documentaire, on ne regarde plus son morceau de viande de la même façon. Et c’est bien reconnaître que ces pratiques sont révoltantes. Sans généraliser à 100% des cas, hein, tous les abattoirs ne sont probablement pas comme ceux montrés.
Mais la question de fond, elle n’est pas là. On pourrait bien faire des abattoirs propres avec des fleurs peintes sur des murs roses et azur, passer du Chopin dans les élevages de poules, ça ne changerait rien : nous n’avons aucun droit sur ces bêtes. Elles partagent la même planète que nous, et on empiète déjà bien assez sur leur espace avec nos activités polluantes et invasives. Elles ne savent pas où aller, sont fragilisées. Alors prendre le droit de leur inoculer une maladie, de les éventrer sauvagement, ben… non ?

C'est mieux ainsi, en liberté, non ?
C’est mieux ainsi, en liberté, non ?

La nature est magnifique, et tout le monde peut trouver sa place. On peut enrayer la machine, chacun selon ses moyens, son envie de s’impliquer. Voici 5 propositions, suggérées par le réalisateur. Je vous propose d’en discuter dans les commentaires, et je vais commencer par donner mon avis pour montrer l’exemple ! 😉

  1. Adoptez dans des refuges. Stérilisez et castrez vos animaux de compagnie. N’achetez jamais dans des animaleries ou dans des élevages.
  2. Devenez végétalien. Évitez les produits d’origine animale, y compris les produits laitiers et les œufs.
  3. Cessez de porter du cuir, de la fourrure, de la laine, du duvet/des plumes…
  4. Boycottez les divertissements où figurent des animaux, comme les cirques, zoos, rodéos, corridas, etc.
  5. N’achetez jamais de produits ayant été testés sur les animaux. Soutenez seulement la recherche où les animaux ne sont pas utilisés.

 

 

Alors :

  1. J’attends depuis longtemps maintenant le moment où je vais avoir un « vrai » chez-moi, et où je pourrai adopter un chat. Et clairement, je veux pouvoir offrir une belle seconde vie à un animal qui a été malheureux et n’a pas eu la chance de tomber sur un maître correct. Ça a toujours été. Oui, je le garderai probablement moins longtemps, mais ça n’a pas d’importance. L’animal sera heureux, et le rendra, c’est comme ça que ça a toujours fonctionné. On récolte ce que l’on sème.
  2. Là, c’est un poil plus complexe. Passez d’un régime « omnivore » (il doit y avoir un terme plus approprié) au végétalisme, c’est un grand saut. Enfin, pas si grand que ça, à la réflexion. Il faut juste le préparer, prendre le temps de connaître d’autres produits et d’essayer de les cuisiner. Franchement, ça ne vaut pas la montagne qu’on s’en fait. J’ai récemment découvert un bon nombre de produits qui font aujourd’hui partie de mon quotidien, et je sais pertinemment qu’il m’en reste énormément à essayer.
    Cela faisait un moment que j’essayais de limiter ma consommation de produits d’origine animale, pour plusieurs raisons dont le prix d’un certain nombre d’entre eux (hé, étudiant quoi), et des « doutes » sur l’indication réelle d’autres produits. Sans parler de ces histoires de viande de cheval par-ci, de résidus d’arrêtes de poisson par-là… Et pour résumer ça de la meilleure façon qu’il m’a été donnée d’entendre : « après tout, le lait de vache, il est fait pour le développement des bébés vaches, pas pour celui de l’homme, donc ça ne peut pas convenir ».
    Du coup, j’ai appris qu’un mot désignait mes habitudes alimentaires : le flexitarisme. Je suis donc flexitarien. Même que ouais. Mais je me pose très sérieusement la question d’un régime alimentaire plus strict, en particulier parce que je ne cautionne absolument pas ce que j’ai vu dans ce film, dont j’avais connaissance auparavant, mais de façon clairement moins détaillée. Et pour avoir mis le nez dans plusieurs livres de recettes végétaliennes : ça vaut le coup. C’est pas plus long à faire, c’est au moins aussi bon, ça a un côté « nouveau » qui incite au partage, et pour moi qui aime cuisiner et partager ça avec mes amis, c’est top. Ça demande seulement un petit temps d’apprentissage. Essayez, ça ne coûte rien !
    Et si c’est bien fait, il n’y a pas de soucis de carences. J’vous vois venir. Mais même un omnivore, à bouffer n’importe quoi, il finit en carence de fer, de potassium… 😉
  3. Là, à part un peu d’attention au moment d’acheter des vêtements, ça va, c’est pas trop contraignant. Je ne porte que peu de cuir, à part une ceinture et deux paires de chaussures. Je dois avoir un pull en laine et un autre avec un peu de cachemire. Les plumes, à part sur le croupion dans une soirée indiens et cow-boys avec @Zilkos, je mets pas.
  4. Simple aussi. Je ne supporte pas les cirques avec des animaux. J’aime bien les clowns, je suis un grand fan des tours de magie, illusions, tout ça. Mais voir un tigre en cage sauter partout sans bouffer le dompteur, ça me déprime. Idem pour les zoos, j’ai pas le sentiment que les bêtes soient heureuses. J’y suis déjà allé 2-3 fois, généralement avec des amis et pour prendre des photos, mais je limite vraiment. D’ailleurs, j’ai pas le sentiment que les visiteurs y trouvent réellement leur compte non plus. J’aime pas les corridas, c’est au même niveau que le football dans mon estime (très bas donc). Je ne chasse pas (et pourtant, je tire bien sur cible), et je ne pêche pas. Donc pas de gros effort à faire sur ce point.
  5. Là, c’est un peu plus flou. Il me semble qu’il y a des labels pour ça, je suis loin d’être expert, mais de mémoire il y a le label Vegan, et surtout le label européen avec le lapin étoilé ( « cruelty-free » ). Pour le reste, autant être honnête, je ne les connais pas tous par cœur, il y en a pas mal et c’est un des reproches qu’on peut faire aux labels. Une petite liste.
    Bref, j’essaie de faire attention tout de même, mais c’est compliqué de savoir. Les marques n’ont pas grand intérêt à afficher ça pour l’instant. Il faut aussi différencier les labels qui concernent l’ensemble du produit (donc les matières premières aussi) de ceux qui ne concernent que le produit fini, et pas les produits intermédiaires. Beaucoup de produits de cosmétique bio indiquent ne pas être testés sur les animaux, mais leurs sous-produits le sont la plupart du temps. Tester sur les animaux est interdit en Europe, mais les sous-produits sont testés hors de l’Union Européenne.

On pourrait aussi ajouter un certain nombre de produits contenant des éléments d’origine animale à la liste des trucs à éviter… Je pense en particulier aux éponges non-végétales (bah ouais, si c’est pas indiqué que c’est végétal en totalité, vous leurrez pas, c’est que c’est une éponge d’origine animale. Siii, on fait ça très bien, j’peux même vous donner un bel exemple de synergie d’écologie industrielle basée sur ce genre de flux), et aux cosmétiques, produits de beauté… Il n’est pas rare (dit-il après avoir constaté ça dans un rayon de grande surface) de trouver de la graisse animale, de castor en particulier, dans les savons et shampoings. Vous vous lavez les cheveux avec de la graisse de castor, quoi. Il a vraiment mérité ça, le castor qui a fini dans un tube Nivea ? 😕

Bref. Je vais m’arrêter là. D’autres bien plus calés que moi pourront compléter, je peux sans souci ajouter des choses à cet article. J’espère simplement que vous avez pu prendre conscience d’un certain nombre de choses, et que ça vous fera réfléchir un peu à vos habitudes et à ce qui se passe hors de notre vision directe. Je suis pas là pour faire la leçon, mais comme pour plein d’autres sujets abordés ici, c’est compliqué de rester neutre quand on est convaincu par ce que l’on exprime. Dans mon cas, la réflexion n’est pas terminée, et je suis tout à fait enclin à discuter de tout ça avec vous ! 🙂

La route est longue, mais la voie est libre. (Ouais, on peut reprendre ça, c’est aussi ça, la culture libre ! :mrgreen: )

 

Un grand merci (et des bisous, as usual) à @Zilkos et @fr33tux pour leur relecture attentive en tant que « découvreurs » du sujet, et à Delphine qui a, en plus de relire, complété mon brouillon de ses connaissances bien plus poussées que les miennes en la matière et favorisé cette prise de conscience.

20 réflexions sur “ Earthlings, spécisme, torture et autres joyeusetés ”

  • 10 juillet 2014 à 9 h 09 min
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    Voilà, je suis arrivé au bout de cet article.
    Magnifique, quelle belle analyse

    Un grand merci pour cet éclairage.

    Un documentaire (commentaire en voix off de Joaquin Phoenix) à voir pour apprendre ce qui se passe vraiment !

    Piet

    Réponse
  • 10 juillet 2014 à 10 h 27 min
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    Coucou o/

    Ce qui me pose problème dans tout ça, c’est « où poser la réglette » entre « consommer de la viande dont on s’en fout d’où elle vient et comment elle est arrivée là + porter du cuir  » jusqu’à « vive seul dans les montagne s’entourer de chèvres, me nourrissant uniquement de fromage de chèvre et s’habiller en vêtement de paille tout en recueillant tous les animaux que je croise et qui n’ont pas l’air bien pour leur donner tout l’amour possible afin qu’ils aient une vie paisible ».

    C’est comme pour l’écologie, les gens qui s’en foutent royalement et ceux qui font leur besoin dans de la sciure de bois.

    Faut trouver un juste milieu, c’est un sujet qui concerne tout le monde. J’aime les animaux, j’en ai 3 chez moi que je respecte au plus haut point et que j’aime de tout mon coeur. Si ça ne tenait qu’à moi, j’en recueillerais tout plein pour les « sauver » de leur maitre ou d’une mort inévitable, mais hélas, 3 c’est déjà beaucoup pour moi.

    Alors je vous le demande. Où placer cette putain de réglette pour ne pas culpabiliser sans tomber dans l’excès inverse.

    Franchement je me le demande sur ce sujet là et sur celui de l’écologie.

    Des bisous !

    Réponse
    • 10 juillet 2014 à 14 h 43 min
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      Coucou \o

      Tu as comme souvent mis le doigt sur le point sensible… La réglette. Le hic, c’est que pour moi, il n’y a pas de milieu universel. Je m’explique : le but de l’article, c’est de faire prendre conscience d’une réalité trop souvent inconnue, parce que masquée, surtout. Une fois que les lecteurs « savent », ben, c’est plus vraiment de mon ressort. Je peux effectivement essayer d’influencer, mais est-ce mon rôle ? En ai-je le droit ? La légitimité ? Pas convaincu.
      Chacun a une sensibilité qui lui est propre. J’ose espérer qu’un tel reportage pose un problème de conscience à la majorité des personnes le regardant. Mais en fonction de la sensibilité de la personne, elle va placer le « milieu » différemment, milieu correspondant au point d’équilibre entre les actions entreprises pour soulager sa conscience et la vision de ces actions comme une contrainte, un poids.

      Effectivement, on ne peut pas demander à tout le monde de vivre dans la montagne, et si c’était le cas, il est clair que j’y traînerais pas les miches plus de 20 minutes avant de péter un plomb. DAT surpopulation 😀
      Mais je pense que forcer les gens, c’est contre-productif : tu changes quelque chose d’acceptable si tu les sensibilises bien en quelque chose de contraignant, donc nettement moins « socialement acceptable ». On peut toutefois donner un cadre, des idées, suggestions, solutions, comme dans le cas des normes dites « non contraignantes » (i.e. on choisit de les appliquer ou non, mais si oui, tout est défini de façon claire et précise).

      L’analogie avec l’écologie, les contrastes imagés que tu donnes, ben c’est assez juste, quelque part ça illustre bien les deux extrêmes. Mais pourquoi placer la réglette à l’opposé du problème de conscience serait un « excès inverse » ? Il n’y a excès que si toi tu juges que c’en est un. Quelqu’un qui décide de devenir vegan, quelqu’un qui fait 300km dans la journée pour une marche pour la fermeture des abattoirs, il ne fait pour moi que le choix qui correspond le mieux à sa vision, à ses attentes, à son mode de vie.

      Et puis, hé, il vaut mieux en faire un peu, quitte à avancer progressivement, que ne rien faire du tout. Mieux vaut une hybride qu’un Hummer, sans aller jusqu’à l’électrique ou au vélo. Mieux vaut une consommation de viande un minimum raisonnée, plutôt qu’une consommation totalement irréfléchie comme c’est souvent le cas. Et tant que ce petit pas convient à la personne qui le fait, c’est une victoire. C’est pas si simple de faire évoluer les mentalités, et les gens ne sont pas tous aussi ouverts d’esprit les uns que les autres, certains sont aussi plus résistants au changement… Bref !

      Tout ça pour dire que « un peu », c’est mieux que « pas du tout », et que si on provoque une prise de conscience sans aller jusque dans l’extrémisme (mal accepté avant même de se donner un temps de réflexion), alors ça évoluera nécessairement dans le bon sens. Mais ça prendra du temps, c’est évident. Et chacun doit pouvoir placer la réglette où bon lui semble : on ne doit pas la fixer pour lui, mais lui donner les clés nécessaires à l’entière compréhension du problème soulevé, afin qu’il se fasse sa propre opinion. Opinion qu’il faudra respecter, tant qu’elle repose sur des éléments réels, et pas sur des préjugés ou idées pré-conçues. Tu le sais, j’ai du mal avec les préjugés ! 🙂

      Est-ce que ça répond un poil à ta question, ou pas du tout ? 😉

      Réponse
      • 10 juillet 2014 à 15 h 00 min
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        Hoy !

        Oui, ça répond un peu à ma question. Mais outre le problème de réglette, on est bien d’accord que ces agissements sont inacceptables. Complètement inacceptables. A bannir au plus vite.

        Or, dans cette histoire de réglette j’ai l’impression que, dans le niveau générale des personnes (donc exit les enragés / extrémistes et tout ça), cette prise de conscience et l’ajustement de la réglette au niveau: « je fais un effort, mais je garde mon confort » ne sert juste à rien, mis à part se donner bonne conscience face au problème.

        Sauf que se donner bonne conscience de manière individuelle ne règle aucun problème (sauf les problèmes personnels et le dérangement vis à vis de ce qui se passe, bien évidemment).

        Alors en soit, comment régler ce problème sans tomber dans l’extrémisme ? C’est cool d’être en accord avec ses principes, de ne pas manger de viande tout ça, mais c’est pas parce que quelques personnes n’en mangent plus par conviction que le problème disparait. A la rigueur on a fait ce qu’il faut au niveau personnel pour lutter contre ça, mais quelques personnes qui arrêtent de consommer de la viande ne résout strictement rien.

        C’est bien ce qui me fait penser qu’avoir conscience du problème et régler sa réglette personnelle ne sert personne, si ce n’est notre nombril. C’est pas pour autant qu’on arrêtera de massacrer des milliards de porc ou autres bestioles.

        Au final, j’en viens à me demander si tout ceci peut être arrêté d’une quelconque manière que ce soit… 🙁

        Réponse
  • 11 juillet 2014 à 16 h 29 min
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    Salut!

    Je voudrais ajouter quelque chose à ces commentaires. Si j’ai bien compris, tu dis que, a part pour les personnes très engagées, se passer de viande ne servira à rien, juste à se donner bonne conscience, et que les quelques personnes qui ont décidé de le faire ne changeront pas la face du monde, et que tout restera comme ça. Mais c’est justement ces quelques personnes qui vont faire la différence.

    Pourquoi toutes ces horreurs existent ? Parce qu’il y a de la demande (pour la viande, le cuir, la fourrure, les cirques…) de la part des consommateurs et quand il y a de la demande, ben il y a une offre. Et c’est le consommateur qui peut faire pencher la balance.

    Plus il y aura de personnes qui boycotteront la viande, moins il y aura de consommation de celle-ci et moins il y aura d’achat. Et du coup, moins il y aura de production. C’est vraiment le consommateur qui est au pouvoir. Et c’est justement par ce type d’article, de documentaire, par le bouche à oreille que la sensibilisation des gens se fait, de plus en plus d’ailleurs 🙂

    J’ajouterai aussi que se passer de produits animaux ne nous ramène pas aux cavernes…et n’a rien d’un excès 🙂 mais cela nous amène juste à vivre un peu différemment.

    Mais si tu cherches quand même le milieu entre les deux, privilégie le bio ou le label rouge, qui est un peu plus respectueux des animaux.

    Réponse
    • 11 juillet 2014 à 20 h 08 min
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      Entièrement d’accord. C’est le consommateur qui décide, même si celui-ci a tendance à l’ignorer.
      Donc oui le fait de ne pas acheter de viande ou de laine aura un impact direct sur l’entreprise !!

      Réponse
  • 12 juillet 2014 à 15 h 36 min
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    Bonjour,

    Comme promis je me permet quelques réactions, mais je tiens avant tout à dire que la présence de ce type d’article et de prise de conscience fait du bien. Et je tiens aussi à dire que je n’ai pas encore vu ce reportage et que globalement l’article me semble plutôt bon. (et pas lu en entier tous vos commentaires, ça semble intéressenant mais je manque vraiment de temps). Bref j’aime pas critiqué un bel effort sur ce sujet vraiment difficile à aborder.

    Concernant le passage sur le spécisme et l’anti-spécisme, j’élargirais à la définition du spécisme à tout ceux et toutes celles qui ont un petit rongueur dans une cage, qui élèvent les animaux pour leur viandes…
    En fait, on ne peut réduire les anti-spécistes à des individus ou groupes d’individus qui traitent « bien » les animaux, puisqu’iles sont contre la « traite » en elle-même.

    Pour le passage sur les animaux domestiques, j’aimerais rajouter (et faut que je retrouve le nom du type auquel je fais référence) que dans l’histoire plus on a pris soin de nos animaux domestiques (boutiques, psy, massages, …) moins on a traité dignement les animaux d’élevage… Comme pour marquer bien fort cette différence entre le chien sur mes genoux et la vache dans mon assiette.

    Tu parles ensuite de « nourriture » mais avant de se transformer en nourriture, il s’agit bel et bien d’êtres vivants (oui la carotte aussi est un être vivant on va donc ajouter un être vivant avec 5 sens, comme nous). Végétarienne depuis 10 ans, lorsque je parle de ça avec les gens c’est souvent au moment du repas alors qu’iles mangent leur pièce de viande. (parce que c’est à ce moment là que je refuse le morceau de viande qu’on me propose/m’impose). Autant dire que cela ne sert à rien. Mais quand la discussion se présente à un autre moment, iles ont souvent la sincérité de dire « si je pense à l’animal je ne pourrais pas manger de viande… et j’aime trop ça. » Admettre que votre plaisir prend le pas sur la réalité des conditions d’existence et de mort des animaux que vous mangez, ça me parait un bon début pour prendre conscience de tout ça ;). Et si c’est ça, je n’ai plus d’argument pour vous convaincre : vous avez conscience de ce que vous mangez vous faites le choix de le manger quand même, votre propre plaisir au dessus de tout le reste, c’est une manière – parmi de nombreuses autres – de voir le monde et de le vivre.

    Concernant le cuir, l’hyperspécialisation (dû à tout un tas de trucs fantastiques comme l’économie libérale et le le capitalisme…) expliquent le fait que certaines vaches finissent en steak et d’autres en sac à main… et que les restes de l’une et de l’autres vont hop à la poubelle. Je rebondis alors sur l’argument « oui mais les hommes de la préhistoire iles mangeaient de la viande tu vois c’est dans notre nature »… certes, et iles ne vivaient pas dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui et pour le coup tout l’animal était ensuite utilisé : os, peau, viande, … Et iles ne mangeaient pas d’animaux mutilés, blindés de médicaments et d’hormones…

    Le passage sur le divertissement où tu parles de plaisir rejoins ce que je disais sur le fait de manger de la viande, qui est aussi un plaisir.

    Et pour les zoo, leur histoire permet de comprendre plein de choses. Au départ simple objet de curiosité je vais me faire UN PEU l’avocate du diable mais il y’a aujourd’hui – tout du moins dans certains zoo français – une volonté que les zoo soient des moyens de préserver puis réintroduire certaines espèces animales… Cela se passe en coulisse et j’ai eu l’occasion de discuter avec le type qui s’occupait de petites tortues qui allaient être réintroduite en Alsace et qui faisait un super taf.
    Pour des raisons pratiques il n’est pas possibles de libérer des animaux né·e·s en captivité sans un vrai travail… Et cela a un coût.. Encore une fois l’économie justifie ou tente de justifier certains comportements des Hommes.
    Ce qui m’interroge aussi c’est qu’avec les zoo nos enfants connaissent mieux les singes et les lions que les animaux qui vivent dans la forêt derrières chez eux…

    Une dernière question, moins en lien avec l’article mais tout de même : « …il est une loi universelle que l’on va exprimer ainsi : toute mort non-naturelle s’accompagne de douleur et de souffrances » es tu contre l’euthanasie ? C’est dommage de commencer ton argumentaire avec cet argument… justement parce que je crois pas qu’il s’agisse d’une vraie loi universelle….

    Et je ne sais plus à quel moment (sûrement lorsque tu parles des abattoirs) tu abordes la question des salarié·e·s des abattoirs. Alors juste une précision : l’impact psychologique de ces conditions de travail existe (comme c’est le cas dans n’importe quelle situation de travail lamentable, inacceptable, violente, …). Et l’Homme étant pas trop mal fichu lorsqu’ile est confronté·e à une situation de trop grande violence (physique ou psychologique…) il met en place des stratégies de sauvegarde… la violence en est une. Arendt parlerait de division des responsabilités, où par la magie du nombre plus personne ne se sent responsable d’une situation. Et bien ici, pour moi, le dernier responsable est le salarié : avant lui une industrie et un système économique foireux après lui des consommateurs et consommatrices qui se contre-foutent de ce qui se passe avant le steak-frites.

    Réponse
  • 14 juillet 2014 à 20 h 13 min
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    Très bonne article où à priori je ne pensais rien apprendre de l’espèce humaine tant je sais déjà qu’elle capable du pire comme du meilleur. Mais j’ai vraiment été surprise que cet article m’interroge, me pose des questions sur mes modes de consommations (si on s’interroge c’est que c’est un l’article est réussie ^^). A moi aussi donc de faire partager mon petit bilan de cet fin d’article
    1. Alors pour les animaux de compagnie c’est simple. Tu prends cette vidéo à 1 min 50: https://www.youtube.com/watch?v=fQO2Opzvyeg&feature=kp et tu as typiquement mon approche avec nos amis les chats (les chiens c’est à peu pareil ^^). N’ayant jamais cohabité avec nos amis les bêtes et n’en ayant jamais véritablement souffert le premier sujet est un peu complexe à aborder pour moi. Simplement la conclusion « L’animal n’est pas un objet » me semble complètement logique et malheureusement tous les hommes ne sont pas responsables.

    2. S’agissant du 2e sujet je suis partagée. Autant que je sache, je ne connais pas de mise à mort « propre » quelque soit l’espèce concerné et je ne me sens pas vraiment coupable de manger de la viande, pour moi ce n’est pas « contre-nature » (mais je comprends tout à fait ce qui ont un avis contraire).
    En revanche, je suis par exemple assez choquée de voir dans des documentaires comment sont « élevés » par exemple certaines poules ou vaches (ou le gavage des oies).
    L’idéal pour moi, ça n’existe malheureusement pas, ce serait d’avoir des étiquettes fiables qui certifient que l’animal que j’ai dans mon assiette a bien été traité « tout au long de sa vie » dans des conditions dignes.
    Il me semble également évident qu’il faut s’assurer que les espèces soient en nombre suffisant pour savoir si nous pouvons encore continuer à les manger.

    3. Là intervient mon premier questionnement. Peut être qu’effectivement je n’ai jamais voulu savoir, mais lire que les vaches étaient dépecées vivantes pour leur cuir mais quelle horreur ! Je regarde mes ceintures de cuir d’un œil coupable maintenant ! Et la laine, … moi qui m’était faite quasiment une image d’Epinal du petit berger qui prend soin de ses moutons et limite discute avec ces bêtes pendant qu’il les tond, je pensais cette pratique inoffensive … En te lisant je me suis dit au départ « ce n’est pas possible le documentaire a du prendre des exemples extrêmes » mais non il n’a pas fallu 2 jours pour avaliser tes propos, en ouvrant le 20 minutes.fr j’ai pu lire un article dénonçant cette pratique ! Pareil un petit label ce serait bien ! Malheureusement je pense que la mondialisation n’aide pas…

    4. Je vois que je n’ai pas été la seule émue par le sort de la maman de Dumbo ;-). Autant dans les zoos je me suis toujours posé la question « ces animaux sont ils heureux ? » autant dans les cirques je ne m’étais jamais posé la question « est ce vraiment la place d’animaux sauvages d’être ainsi captif dans des cages à sauter de tabourets en tabourets pour notre bon plaisir ? ». J’ai été je crois 2 fois à tout casser dans un cirque mais je ne suis vraiment pas sur d’y remettre un jour les pieds après cette interrogation.

    5. Les animaux et la science … Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi dans la mesure où des avancées, connaissances scientifiques ont pu être faites par le biais d’animaux par le passé. Toutefois ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas avoir une certaine éthique dans ce domaine et comme tu le dis quand on peut se passer d’eux c’est mieux.

    Réponse
  • 28 juillet 2014 à 16 h 18 min
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    Je suis d’accord avec toi sur certains points, mais je pense que les solutions sont ailleurs (comme le dis plus haut, le truc c’est de trouver le juste milieu).
    Je ne vais donc parler que de ce dont je ne suis pas d’accord avec toi.

    Premier gros point : la nourriture. Il ne faut pas diaboliser la viande, le lait, les œufs, etc., et sacraliser le végétalien/végétarien.

    Parlons du lait.
    Tu dis que le lait de vache n’est destiné que pour la vache, or, combien d’animaux ont été sauvés par du lait d’une autre espèce ? Et d’humains ? Ne vaut-il pas mieux boire du lait d’une autre espèce, que du lait artificiel ?
    Autre point : comment faire une bonne raclette sans fromage à raclette ? Ou une bonne fondue Savoyarde sans fromage ? Sans lait, nous ne connaîtrions pas ces bonnes choses de nos terroirs.
    Au final, où est le problème au niveau du lait ? Je vous le donne en mille : la surconsommation !

    Parlons de la viande.
    Je suis d’accord pour que les animaux ne souffrent pas durant leur vie afin de nous nourrir, mais pas d’accord d’abolir la viande. Tu dis que les animaux ne nous appartiennent pas, qu’ils n’ont rien demandé, etc., ce qui est vrai. Mais au fond, que ce soit moi qui mange un poulet, ou un renard qui mange un poulet, quelle différence ? Dans tous les cas, le poulet n’a pas eu son mot à dire, et a souffert.
    Tous les prédateurs mangent de la viande, omnivores comme carnivores, et leur proie/victime n’ont rien à dire et souffrent. C’est la dure loi de la nature.
    Au final, où est le problème au niveau de la viande ? Je vous le donne en mille : la surconsommation !

    Parlons des œufs.
    Tu dis qu’il ne faut pas manger d’œufs. Je ne suis pas d’accord. Beaucoup d’animaux se nourrissent d’œufs, et certains ne mangent que ça pour vivre (serpents, oiseaux, etc.). J’ai du mal à voir où est le mal de manger les œufs de ses propres poules, élevées dans des conditions plus qu’acceptables. Alors oui, l’œuf est déjà un embryon et donc quelque chose de vivant, mais pourquoi je me priverai d’en manger alors que d’autres animaux en mange ?
    Au final, où est le problème au niveau des œufs? Je vous le donne en mille : la surconsommation !

    Parlons du régime des végétaliens et végétariens.
    Ils prônent la consommation de végétaux, or, ceux-ci sont tout aussi vivants que les animaux. Ils ressentent et donc souffrent tout comme eux. Pourquoi diable continuer à manger des végétaux, puisqu’ils sont semblables aux animaux ? Engrais, pesticides, impacts sur la santé et l’environnement, déforestation, etc., le tableau n’est pas plus beau de ce côté-ci de l’alimentation.
    Au final, où est le problème au niveau des végétaux ? Je vous le donne en mille : la surconsommation !

    Ce dont je suis persuadé, c’est que la surconsommation est au centre de tous ces malheurs. C’est LA réglette qu’il faut déplacer. Il suffirait de réduire notre consommation personnelle au strict nécessaire pour faire baisser drastiquement la demande et donc ne plus avoir recours aux techniques d’élevage/de production de masse. Et de fil en aiguille, arriver à un mode de production respectant les animaux et la nature, avec un suivit bien plus clair, des risques sanitaires moindres et une qualité gustative et nutritive excellente. C’est pour cela que je consomme au maximum en circuit-court.

    Second gros point : le divertissement. Je suis d’accord, sauf concernant les zoos. De plus en plus de zoos s’engagent à traiter les animaux dans les meilleures conditions, et participent à la sauvegarde de plusieurs espèces. Le problème est qu’ils sont encore trop peu nombreux par rapport à tous les autres qui considèrent les animaux comme une simple attraction renouvelable facilement et pas chère d’entretient (et donc bénéfice à gogo).

    Quant au reste, je te suis à 100% !

    Pour finir sur une note joyeuse, je met au défi un végétarien de me faire un bon bœuf Bourguignon sans bœuf ! :p

    Réponse
    • 28 juillet 2014 à 21 h 54 min
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      Salut ! 🙂

      Je tenais à répondre à ton commentaire.

      Concernant le lait : Le lait de vache est fabriqué et produit pour son veau, et uniquement pour lui. Certes, certaines espèces ont été sauvées par le lait d’autres espèces mais ces cas sont rares et justifiés. Le lait de vache en revanche, n’est aucunement indispensable à l’humain, contrairement à ce qu’affirment les lobbies du lait pour nous pousser à consommer toujours plus de produits laitiers dans l’unique but de faire du profit. De nombreux végétaux regorgent de calcium bien plus que le lait de vache. Et le but n’est pas de remplacer le lait de vache avec des laits végétaux, mais d’en trouver un substitut, que les végétariens n’utilisent pas pour leurs qualités nutritionnelles mais pour remplacer le lait de vache en cuisine.
      Le problème du lait, outre le fait qu’il n’est pas nécessaire à l’humain, réside dans l’exploitation cruelle des vaches laitières : lorsque le veau nait, il est immédiatement retiré de sa mère et nourri avec des substituts chimiques, isolé, engraissé, puis abattu. Le lait que produit la mère est destiné à la consommation humaine. Puis, la mère est ré inséminée immédiatement et le schéma se reproduit. Et lorsque la mère est devenue inapte à produire un veau, elle est tuée et finit dans l’assiette du consommateur.

      Concernant la viande : Lorsqu’un prédateur tue sa proie, il ne le fait que dans un seul but, la manger pour se rassasier et survivre. Il le tue par son instinct, sans se soucier que l’animal souffre ou non. Le lion tue sa gazelle en lui plantant ses griffes dedans et en l’éviscérant, et le mange « cru » et vivant. Alors oui, c’est cruel, mais comme tu le dis, c’est la loi de la nature. Mais lorsque l’homme souhaite se nourrir d’un animal, il l’élève en masse, l’engraisse avec des antibiotiques, le saigne, l’abat, le cuit, l’assaisonne, pour enfin pouvoir le manger. Jamais nous ne pourrions nous-même tuer un animal, planter nos griffes dedans puis manger ses intestins. Cela n’a pas de sens, cela n’est pas comparable. La différence avec les animaux, c’est que l’homme est capable de réfléchir et de faire des choix, de comprendre.

      Concernant les œufs : là encore, ce n’est pas comparable. Ce n’est pas parce certain animaux se nourrissent d’œufs que nous devrions faire pareil. Les élevages bio sont « un peu » mieux que les élevages de masse, mais les poules finissent elles aussi à l’abattoir et meurent également dans de grandes souffrances.

      Concernant les plantes : Les plantes n’ont pas de système nerveux, et ne ressentent pas la douleur physique, par conséquent, elles ne souffrent pas comme un animal pourrait souffrir.

      Mais si tu souhaites malgré tout manger des œufs ou de la viande, privilégie quand même le bio, ou le label rouge ! 🙂

      Et pour relever le défi, voici une recette de bœuf bourguignon :p http://cuisine.notrefamille.com/recettes-cuisine/bourguignon-vegetarien-_39466-r.html

      Réponse
      • 29 juillet 2014 à 8 h 23 min
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        Je suis d’accord avec tout ce que tu dis. Ce que je voulais souligner, c’est le fait que si on va au fond des choses, le problème ce n’est pas notre mode d’alimentation. Le problème, c’est notre mode de consommation : on consomme trop, donc il y a surproduction. Et qui dit surproduction, dit élevage de masse, maltraitances, risques sanitaires, produits chimiques, et tout ce qui va bien pour nous pourrir la vie et celle des animaux.

        Dans ton commentaire, tu dis qu’il ne nous est pas nécessaire de manger tel ou tel aliment, ce qui est vrai. Mais si on suit ce raisonnement, nous serions encore à un niveau de technologie et scientifique assez bas. Pourquoi construire des véhicules, alors que nous avons des jambes (ou des chevaux) ? Pourquoi fabriquer des médicaments, alors que nous avons les plantes médicinales pour se soigner ? Pourquoi créer des matériaux, alors que nous avons tout sous la main pour nous suffire ? Certes, ces arguments sont assez loin du débat et réfutables (on pourrait arguer de l’évolution de l’espèce humaine, mais cet argument n’est pas valable dans ce débat), mais c’est ce qui me vient à l’esprit lorsque des personnes condamnent notre mode d’alimentation :l’extrême.

        Par contre il faut que je te reprenne au niveau des végétaux. Il a été prouvé maintes et maintes fois qu’ils ressentent tout comme nous. Et souffrent également. Il n’y a pas si longtemps que ça, il a été montré qu’une feuille qui se faisait manger transmettait cette information à ses voisines, et celles-ci souffraient, avaient « peur », et se protégeaient. De même, il y a un exemple frappant d’une essence d’arbre qui, lorsqu’il y a un feu de forêt, se recroqueville pour se protéger, et communique avec ses congénères via les racines afin que ceux-ci puisse se protéger à temps.
        Et que dire des champignons ? Ce sont les champions de la communication ! Ils s’entraident lorsqu’un de leur voisin manque de nutriments, car ils sentent lorsque quelque chose ne va pas.

        Je me répète, je suis d’accord avec ce que tu dénonces, et c’est pourquoi j’achète au maximum en circuit court (<200km) ou directement chez les producteurs. Cela permet, si l'envie m'en prend, d'aller voir directement le producteur. Ce n'est pas de la surproduction (si tu arrives en fin de semaine pour les légumes, c'est fort probable qu'il n'y ai plus rien), ni de la production hors saison, et la qualité est au rendez-vous. 🙂

        Et merci pour la recette ! 😀

        Réponse
  • 29 juillet 2014 à 14 h 52 min
    Permalink

    Salut !

    Merci de ta réponse !

    Oui, je suis entièrement d’accord avec toi sur ce que tu dis, et effectivement, le problème de maltraitance des animaux vient de la surconsommation.

    C’est vrai qu’on peut se poser ce genre de questions, mais je pense qu’il ne faut pas réfuter le progrès pour autant. Mais après, étant une adepte de la décroissance, je suis un peu mal placée pour contre argumenter 🙂
    L’homme préhistorique a été amené à manger de la viande pour survivre à des conditions climatiques extrêmes, que nous ne subissons plus maintenant, donc il n’est pas nécessaire à l’homme de manger de la viande. Tout comme il n’est pas nécessaire de produire toujours plus d’ailleurs!

    Concernant les plantes, tu as tout à fait raison, je me suis un peu mal exprimée. Je voulais dire qu’elles ne souffrent pas comme des humains ou des animaux souffrent grâce à leurs systèmes nerveux. Mais je trouve que c’est une question très intéressante. Effectivement, des études montrent que les plantes et les arbres sont des êtres très sensibles qui savent communiquer entre eux, d’ailleurs ce que tu dis pour les champignons est aussi valable pour les arbres. Et puis, on dit souvent qu’on peut passer de la musique classique à une plante pour qu’elle s’épanouisse d’avantage. Je pense d’ailleurs qu’il nous reste beaucoup de choses à apprendre là dessus!

    Mais dans tous les cas il est impossible de ne nourrir sans avoir à tuer, que ce soit un animal ou une plante. Sinon il faudrait se nourrir uniquement de fruits (ce que certains font dans cette optique d’ailleurs). Il est plus écologique de manger directement des végétaux cultivés plutôt que de les donner aux animaux pour les manger ensuite.

    Et sinon bravo pour ton mode de consommation! 🙂

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    • 29 juillet 2014 à 15 h 31 min
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      Bon,

      Je ne voulais plus commenter sur cet article, de peur de partir un peu loin, mais il faut quand même que je réponde à deux ou trois choses qui me chagrinent…

      L’homme préhistorique a été amené à manger de la viande pour survivre à des conditions climatiques extrêmes, que nous ne subissons plus maintenant, donc il n’est pas nécessaire à l’homme de manger de la viande. Tout comme il n’est pas nécessaire de produire toujours plus d’ailleurs!

      Si, certains être humains les subissent encore et utilisent des animaux pour se sortir de ses situations là, et ça ne les empêche pas de les respecter pour autant. Même, certains animaux sont déifiés en ce sens. Juste, ils n’en massacrent pas autant que les industriels.

      Par contre, plus de condition climatique rude, donc je ne mange plus de viande, on ne serait pas en train d’écrire des commentaires par PC interposés sur ce blog. On serait encore dans notre caverne à manger des carottes (j’adore ça 😀 ), argument plus que douteux à mon sens.

      En ce qui concerne la production, hélas, on est de plus en plus nombreux sur la planète. Conséquemment si il y a plus de monde à nourrir, faut bien sortir la bouffe de quelque part (je parle pas forcément d’aliments d’origine animale). D’ailleurs, c’est juste une question d’équilibrage / de répartition. Je rappelle quand même qu’à l’heure actuelle, il y a plus de cas d’obésité (non-génétique) que de famine (cap passé il y a un ou deux ans je crois).

      Je suis intervenu en premier sur cet article, tout simplement parce que Maxime m’a fait lire son brouillon et j’avais exprimé à ce moment que j’étais incapable de positionner une réglette dans ma consommation de ce type de produit. Au final, je pense m’en sortir pas si mal que ça (ok, sauf pour les éponges 😀 ).

      Ce que je remarque par contre, c’est pas tant la réglette de consommation, mais surtout la réglette d’assumation des dires qu’il faudrait que vous fixiez. Un coup, c’est pas bien, un coup « oui mais c’est pour le progrès donc ça va ».

      Il y a une énorme différence entre être pour le progrès et être pour la défense des animaux. Même bien traités, des animaux vont mourir de par les expériences. On ne peut pas être pour les deux, c’est tout sauf logique. C’est idem pour « il ne faut pas manger de viande » puis « il est impossible de ne (?) nourrir sans avoir à tuer ». Que ce soient animaux, végétaux, poissons ou toute autre chose, faut bien les tuer un jour ou l’autre si on veut manger, c’est comme ça depuis que l’homme existe.

      Me semble qu’un peu plus de cartésianisme dans ce débat ne ferait pas de mal car les emprunts à certaines idées « sous prétexte que » sont légion et mal amenés (cf paragraphe précédent).

      Inutile de préciser que, tout comme vous, je déteste la violence envers les animaux ?

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      • 29 juillet 2014 à 22 h 53 min
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        Zilkos,

        J’ai choisi d’utiliser cet argument concernant les hommes préhistoriques pour justifier le fait qu’il ne nous est nullement nécessaire de manger de la viande actuellement. On s’éloigne du débat en déplaçant cet argument au progrès. De plus, je ne vois pas en quoi le fait d’arrêter de mander de la viande impliquerait d’arrêter tout progrès. C’est d’ailleurs un peu ironique tout ça, puisque si l’on veut justifier le fait de manger de la viande parce que les hommes préhistoriques le faisaient, autant faire comme eux jusqu’au bout et retourner vivre dans les cavernes.

        Concernant le progrès:comme je l’ai dis précédemment, je penche pour la décroissance. Cela dit je ne pense pas que être pour la défense des animaux et pour le progrès soient des idéologies incompatibles. Mais là encore ce n’est pas le sujet du débat.

        Et oui, comme je l’ai déjà dit ,de toute manière il faut avoir à tuer un animal ou une plante pour se nourrir. Sauf qu’il est préférable de manger des végétaux plutôt que des animaux pour des raisons écologiques : l’agriculture intensive pollue, et la majorité des terres agricoles (soja, mais, colza) sont cultivées pour servir de nourriture aux animaux. Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser directement ces terres pour cultiver des végétaux pour nous nourrir ?

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        • 30 juillet 2014 à 9 h 25 min
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          Selon ton premier paragraphe, tu as très bien cerné où je voulais en venir, l’argument sur les hommes préhistoriques ne tient absolument pas du tout la route. Toi même tu réitère mon propos qui était « On serait encore dans notre caverne à manger des carottes ». On est donc bien d’accord il ne vaut rien.

          Quant aux différents « Mais là encore ce n’est pas le sujet du débat. », si, ça en fait partie. L’article de Maxime ne s’arrête à l’estomac fragile des lecteurs mais aborde des sujets plus larges.

          Pour rappel:

          Première partie : les animaux domestiques
          Deuxième partie : la nourriture
          Troisième partie : l’habillement
          Quatrième partie : le divertissement
          Cinquième partie : la science

          La science, c’est le progrès. Ne pas vouloir en parler, c’est revenir à la remarque sur l’assumation des dires. Bref, visiblement il faut rester le sujet n°2 uniquement de peur de déranger (ou plutôt pour rester sur le terrain que tu connais le mieux, question d’orientation du débat). Il y a connaitre un sujet, en parler, et l’imposer aux autres sous prétexte de connaissance sur ledit sujet (et c’est dangereux).

          Donc, de manière docile et par diplomatie, je reviens sur le sujet initial (qui, je le rappelle ne concerne UN SEUL point) que j’écarterai au bio. J’attends nullement de réponse, j’exprime mon point de vue, mais ne reviendrai sans doute pas, face à tant de militantisme orienté, cause probable du fait que j’ai vraiment du mal avec cette tranche (huhu) de la population.

          Je suis carnivore, comme bon nombre de bestioles sur Terre depuis qu’elle existe et j’ai honte de rien. J’ai toujours vu ma grand-mère décapiter des poulets après une longue vie à gambader dans un pré plus grand que ma maison en mangeant du grain que mon grand-père faisait pousser dans ses champs (oui, petit-fils de pécor 😀 ). Je reste persuadé qu’ils ont été heureux toute leur vie et ça me dérange pas le moins du monde de les retrouver dans mon assiette (eux hein, pas ceux sortant d’usine).

          Manger de la viande c’est naturel et certains disent même que c’est un prérequis de l’homme:

          « Un homme qui n’infligerait plus aucune souffrance à un autre être vivant ne serait tout simplement plus un homme, ni même un animal, car un principe fondamental de l’animalité est précisément de souffrir et de faire souffrir. » (Apologie du carnivore (Fayard, 2011), Dominique Lestel que je te conseille fortement pour comprendre les « carnivores éthiques »). J’ai pas dit que je cautionnais.

          Au final, tout le monde se tape dessus, écolo enragé, végétariens/liens. Si je parle de viande de qualité on me sort le scandale de la viande de cheval et si je parle d’acheter bio on me parle des 700k tonnes de produit « AB » qui au final, n’avait rien de bio.

          Au final, je suis d’accord avec Gil Rivière -Wekstein qui, dans son bouquin « Bio, fausses promesses et vrai marketing » nous sort:

          « Le blé, le maïs, les oeufs bio, cela n’a aucun intérêt ni gustatif ni nutritionnel, à la différence de la viande ou des fruits, qui peuvent être intéressants. Le bio peut revendiquer des saveurs, faire découvrir des variétés. Cette petite niche est sa vraie place, mais il n’a pas vocation à remplacer l’agriculture conventionnelle. »

          C’est marginal et ça restera marginal par nature et par contrainte. On ne peut produire autant de bio (si toutefois on en fait du vrai) que autant de pas bio. Et de toute façon, quand on voit la pollution des sols, je suis vraiment pas loin de penser que le vrai bio n’existe pas (en France du moins).

          On va me sortir que « oui, le bio, c’est différent de manger que des végétaux ». A celui ou celle qui me sort ça, je lui répondrai que ça vous dérange de manger de la viande élevé/maltraité/tué et mise sous cellophane dans des manières douteuses. Mais ça vous dérange pas de manger tomates et autres légumes, cueillis sans être mûrs et passés au produit chimique pour qu’ils ressemblent à quelque chose (genre les clémentines, naturellement, c’est pas orange, c’est vert, sauf que dans l’esprit des gens, vert == pas mûr). Oui, si tout le monde s’y met, le maraicher du coin ne suffira plus pour nourrir tout le monde…

          Donc la prise de conscience je l’ai, mais la réglette risque de ne pas beaucoup changer car au final, je me trouve vraiment au bon endroit. J’encourage pas un système qui pue via divers achats, mais je ne me prive pas de viande, comme (presque) tout humain ou animal depuis la nuit des temps (attention, j’en mange pas 3kg à tous les repas hein, je suis relativement modéré).

          A bientôt (sur un autre sujet).

          PS: Désolé pour les fautes et la mauvaise organisation de mon commentaire, je l’ai écrit un peu vite, faute de temps 🙂

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          • 30 juillet 2014 à 16 h 13 min
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            (Je m’immisce, hein, histoire que le débat prenne pas des allures de pugilat, pis hé, après tout, C’QUI L’PATRON ICI ? 😀 )

            Le but de l’article était pas de donner un prétexte à deux « factions » pour se mettre sur la tronche, mais bel et bien de susciter un vrai débat, et de donner la possibilité à tout un chacun de donner ses arguments. OK, la nuance débat/baston est subtile, mais bon ! C’était clairement pas pour que les « carnassiers » et les « écolos »se disputent le bout de gras (huhu). 😉
            Ne confondons pas « exprimer librement une conviction » et « militer », car outre l’aspect péjoratif je ne pense pas que ce soit le but de quiconque ici de rallier des gens à une cause particulière. Dire « je fais comme ça parce que… » est tout autre chose que « faites comme moi, allez » !

            Je vais réagir à 2-3 trucs lus au fil des commentaires, je ne m’adresse à personne en particulier.

            Pour le progrès, déjà. L’argument des carottes dans la caverne, non, en soi ça vaut pas tripette. Seulement, il y a eu je ne sais pas quand un amalgame entre « ne pas manger de viande c’est écolo et c’est anti-progrès » et « on peut progresser sans martyriser de bestioles ». C’était ça, à mon sens, le cœur du débat soulevé quelques scrolls plus haut : le progrès scientifique et technique (attention à la distinction entre les deux) ne doit pas reposer sur l’exploitation d’animaux. On sait truffer un mannequin de capteurs pour faire un crash-test automobile. On a des outils de modélisation et de simulation numérique hors-pairs. Quel besoin avons-nous encore de coller la tête d’un singe dans un étau pour observer le résultat d’un choc violent ? En quoi s’en passer nuirait-il au progrès ?

            Il me semble évident que l’humanité va (doit ?) continuer à progresser. Mais vers quoi ? La direction doit être définie avec d’autres paramètres que ceux qui animent les quelques multinationales qui tirent l’innovation aujourd’hui. Quand je vois Google avancer sur Makani, ça me fait franchement plaisir, même si on peut se demander s’ils n’ont pas lancé le projet pour réduire leur propre facture énergétique, initialement. A l’opposé, quand Apple lance les précommandes d’un iCrap 6 à 8 000 boules parce qu’il est serti de diamants, ben ça me picote le fondement. Tant d’innovations, dans un but aussi néfaste (j’inclue la prise en compte de l’environnement, l’éthique, l’enfermement des utilisateurs, plein de choses) ? Je ne me vois pas qualifier ça de « bon » progrès.

            Et si je ne pensais pas qu’on peut allier progrès et écologie, je ne serais pas ingénieur, et je n’aurais pas fait de l’éco-conception, éco-innovation, analyse du cycle de vie… mon métier.
            Je rejoins Delphine sur l’aspect lié à la décroissance. Il me semble clair que si personne ne redresse la barre, on va au tas à pleine vitesse. Le choc ne sera probablement pas aussi brutal que dans Ravage (de René Barjavel, que je vous encourage à lire !), mais on risque quand même de vivre en pagne dans des ruines et des cabanes. Lorsque nous aurons épuisé nos ressources, comment ferons-nous ? (Et le premier qui me répond « j’m’en fous, je serai plus là pour le voir », je le matraque avec un céleri mouillé.)

            La viande, donc. Indispensable à l’homme ? Montons ensemble dans une machine à laver, et revenons en arrière, observer nos ancêtres. Ils avaient, comme nous, des besoins pour survivre (vitamines, protéines, tout ça). Et pour répondre à ces besoins, ils avaient… ben ce qu’ils avaient sous le coude. Dont de la viande, oui, chassée avant d’être élevée, crue avant d’être cuite et assaisonnée. Chaîne alimentaire, pas le choix, tout ça.
            Welcome back to 2014. On a des besoins nutritionnels sensiblement identiques. Mais la situation a changé : on sait faire pousser des choses à des endroits différents. Je dis pas qu’on va faire une bananeraie à Belfort, ni qu’on va installer des rizières dans le Svalbard. Mais simplement qu’on a baladé des graines tout autour du globe, et que ça pousse même à des endroits où ces plantes n’étaient pas présentes initialement. Du coup, ça devient bien plus facile de se nourrir correctement, en remplaçant la viande par d’autres aliments apportant les mêmes choses à notre organisme. Encore une fois, nos ancêtres n’y avaient pas accès. Nous si. Sur quels critères peut se faire le choix ? Au hasard (bon, ok, non…), la maltraitance des animaux élevés pour tout ça (on n’en a pas le droit, d’un point de vue éthique, de les élever pour les tuer !), et l’environnement.
            Je vous invite donc à parcourir cette étude de la FAO , qui traite de façon très approfondie les effets de l’élevage sur notre écosystème. C’est pas joyeux-joyeux : en résumé, un cinquième de nos émissions (toutes sources confondues) provient de l’élevage. C’est énorme. Et je vous renvoie à cette excellente étude qui compare différents repas types, en termes d’émissions de CO2, d’énergie apportée (kcal), tout ça tout ça. Si ça c’est pas aussi un bon critère…

            Le bio, maintenant. Marginal, oui, par nature, je ne sais pas. Le bio revient cher à produire, les produits bio sont souvent plus chers que les « équivalents » non-bios. C’est un frein, clairement. Privilégier le bio, les circuits courts, c’est bien. Mais la solution me paraît effectivement incomplète. De toutes façons, tant que la population humaine continuera de croître, on ne pourra que difficilement faire mieux que repousser l’échéance à un peu plus tard.
            L’intérêt du bio, outre l’aspect environnemental, ne réside effectivement pas forcément dans le côté gustatif (quoique) ou nutritionnel. Mais il ne faut pas oublier le reste, comme la santé, les écosystèmes, le reste de la planète quoi : balancer des litres de pesticides, qu’on finit nous-mêmes par ingérer (et quand on se rendra compte que c’est néfaste… aoutch), c’est pas défendable. Je me demande si je ne vais pas faire un article qui présente les principaux indicateurs utilisés en analyse environnementale : je me souviens que quand je les ai découverts, je suis resté sans voix, parce que jamais entendu parler de ça. Peut-être que ça aiderait à comprendre…

            Encore une fois, et pourtant le pessimisme c’est pas mon genre, il est clair que la solution, si on l’a trouvée, elle n’est pas suffisamment adoptée. Alors oui, le végétalisme est une solution en ce qu’il réduirait l’exploitation animale à néant. Exploitation animale qui par ailleurs a un impact non-négligeable sur la planète et participe au réchauffement global, à hauteur de 20% des émissions d’équivalent CO2. C’est peut-être qu’un bout d’une solution plus globale, mais ce serait dommage de tirer dessus à boulets rouges sous prétexte qu’on touche à un mode de vie établi depuis effectivement bien longtemps. Notre côté français, sans doute ! 😉
            En tout cas, je l’envisage très sérieusement. Et je suis pas mort d’avoir réduit drastiquement ma consommation de produits d’origine animale (je me sèvre progressivement :mrgreen: ). Ce qui ne m’empêche pas de faire très attention aux autres produits que j’achète… comme avant. Il ne faut pas réduire le végétarisme/lisme au souci du bien-être animal : il place à hauteur égale les soucis de santé et d’impact sur l’environnement. Et pourtant, je ne suis probablement pas le mieux placé pour parler de tout ça.

            Pour terminer (pour cette fois 😀 ), je tiens à dire que si je comprends bien la nécessité de répondre à ses besoins nutritionnels, je ne vois pas en quoi le passage par de la chair animale serait une obligation et caractériserait l’homme. C’est un peu passéiste comme vision, sous prétexte qu’on l’a fait à un moment donné, c’est limite génétique ?
            Notre mode de consommation est certes à revoir en profondeur, mais notre mode d’alimentation aussi. Sinon, on n’arrivera jamais à donner assez à tout le monde. Les deux sont intimement liés, mais effectivement, avant de repenser son mode d’alimentation au complet, il faudrait déjà faire rentrer dans la tête des gens que le gaspillage alimentaire est aussi responsable d’une partie de nos maux. Mais si on ne gaspille pas/peu, pourquoi ne pas continuer à mieux faire ?

            Gardez tout de même en mémoire qu’une simple prise de conscience sans actions ne suffit pas. Si vous vous intéressez un peu à ces problématiques, vous avez probablement entendu parler du « Earth Overshoot Day », ou « Jour du dépassement global », qui correspond au jour de l’année où l’humanité a épuisé l’ensemble des ressources renouvelables de la Terre et commence à taper (allègrement) dans la partie non-renouvelable. Pas besoin d’être grand druide pour comprendre qu’à partir du moment où un système fermé (oui, la Terre a des ressources limitées et en quantité finies) a plus de sorties que d’entrées, il finit par se vider. Voyez ça comme votre compte en banque : si sur un mois vous dépensez plus que votre salaire, y’a un moment où vous allez arriver à sec. Et quand on en arrivera à se dire « oopsie, on y a peut-être été un peu fort là », il faudra rationner les ressources encore disponibles pour survivre tout en laissant à la planète la possibilité de se régénérer un minimum. C’est ça, la décroissance.

            Et pour vous donner une idée, on est passé du 31 décembre en 1986 (première année de dépassement) au 20 août en 2013. Et la tendance est à une date de plus en plus précoce tous les ans… Il est minuit moins cinq, il serait peut-être temps de se remuer, en masse, pas 3 allumés dans un caddie qui passeraient pour des illuminés aux yeux du reste du monde.
            Et là encore, je vous dit de bouger selon vos convictions mais avec tout ça en tête, pas d’imiter l’une ou l’autre des personnes ayant commenté ici ! 😉

  • 8 août 2014 à 13 h 47 min
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    bonjour Maxime
    je passe rarement sur ton blog, initialement découvert sur je ne sais plus quelle question informatique… que j’ai gardé en lien…

    je tombe aujourd’hui sur ton article

    dans ton commentaire dernier : « De toutes façons, tant que la population humaine continuera de croître, on ne pourra que difficilement faire mieux que repousser l’échéance à un peu plus tard. »

    voilà : ça, c’est le problème central.
    d’où vient cette absence de régulation des naissances de l’espèce humaine ?
    de plusieurs facteurs.
    y’en a un qui est essentiel et qui est tabou. c’est celui de la fondation de l’identité culturelle.
    les humains, dans presque toutes les sociétés, fondent leur identité sur leur capital de reproduction et leur capital sexuel.
    il y a obligation, pour être membre crédible et accepté par la société, d’avoir fait preuve de sa sexualité ET de sa capacité à procréer.
    ensuite, il est donc nécessaire de produire une progéniture.
    et plus on en a, surtout si on n’a aucun autre moyen de se valoriser socialement, donc qu’on est économiquement pauvre, plus on en fait.
    et la part d’humanité inconsciente de tout par pauvreté culturelle et économique croit d’autant plus que les autres facteurs, comme moyens et ressources techniques de la société, servant tous de près comme de loin la croissance du capital de valorisation du groupe fondé sur sa quantité de membres, donc sa croissance nataliste,, cette part de pauvreté croit encore plus que celles des autres populations…

    … euh…

    alors par ailleurs… manger de la viande… le lait… etc… ça aussi, ça procède beaucoup plus d’éléments de valorisations symboliques et culturels qu’autre chose.

    quant à acheter les produits de l’industrie… particulièrement de l’élevage, même bio, qui en passent quand même par les mêmes infernaux abattoirs, il n’est pas question d’en discuter pour moi : ce sont des ignominies qui me sont totalement insupportables.
    j’ai vu, très jeune, comment on tuait le cochon à la campagne, dans les années soixante… c’était déjà immonde.

    j’ai vu depuis toujours comment la plus part des gens « traitent » leurs animaux domestiques… idem…

    j’ai réorienté mes études, initialement de sciences naturelles, vers les sciences de la terre et de la matière… pas seulement à cause de la vivisection, mais beaucoup à cause de ça… alors qu’on savait depuis très longtemps que les meilleurs travaux se font sur cultures cellulaires.

    etc…

    quant à des exemples comme apple… et la quasi totalité des industries de pointes…

    je n’ai jamais fait d’enfant, je n’ai jamais vécu de couple : c’est ce que j’ai trouvé de plus radical pour dire non à ce monde, silencieusement. ce n’était pas très difficile en fait, étant trop étranger à la plus part des valeurs « non-dites » de mes contemporains de tous genres, ça coulait de source.

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