Earthlings, spécisme, torture et autres joyeusetés

Article inhabituel aujourd’hui. On reste dans la thématique « environnement », qui devrait se renforcer un peu au fil des prochaines semaines (sans vouloir faire peur aux informaticiens, hein, je change rien à la ligne éditoriale globale, en admettant qu’il y en ait une). Mais on m’a récemment conseillé de regarder plusieurs documentaires, dont « Earthlings », un docu de Shaun Monson sorti aux Etats-Unis en 2005, et qui analyse la conduite de l’humain face au monde animal. Je tiens vraiment à en parler, parce que ça m’a profondément touché (pour ne pas dire bouleversé), et je trouve que ce genre de choses devrait être partagé. Explications.

 

Point vocabulaire : le spécisme

Je sais pas vous, mais je n’avais jusqu’alors jamais entendu ce mot. Du coup, je vais essayer de le définir, par rapport à ce qui est expliqué dans le film, ce qu’on m’a dit en dehors, ce que j’ai lu et compris… Donc à prendre avec quelques précautions, tout de même ! 🙂

Spécisme, donc, qui nous vient de l’anglais speciesism. Par analogie avec sexisme, racisme… ça désigne le fait de discriminer sur le critère d’appartenance à une espèce. Le raciste va clairement privilégier sa propre « race » (pour peu qu’on en admette l’existence) au détriment des autres. Et quand je dis détriment, j’entends « impact négatif », puisqu’on ne peut pas tirer toutes les couvertures à soi sans que l’autre ne se caille les miches, a minima. Ben là, il s’agit de la même chose, transposée aux espèces animales. Le spéciste, pour sa part, va privilégier les activités et intérêts de l’homme, au mépris de tout le reste des habitants de la planète, et tout particulièrement les milliers d’espèces animales qui y vivent. Voire, et comme c’est souvent le cas dans toute démarche discriminatoire (vous en doutez ? Retournez-vous, et regardez un peu l’Holocauste, l’Apartheid…), ils se croient supérieurs au reste, et auraient le droit de disposer des êtres inférieurs comme bon leur semble.

Donc pour faire simple : si ce film ne vous fait rien, vous êtes typiquement à ranger dans la catégorie « spéciste » (et pourtant, j’aime pas catégoriser les gens).

 

Et ce film, il parle de quoi ?

On va faire ultra simple et garder le découpage du réalisateur. Sont donc abordés 5 points principaux :

  1. Première partie : les animaux domestiques
  2. Deuxième partie : la nourriture
  3. Troisième partie : l’habillement
  4. Quatrième partie : le divertissement
  5. Cinquième partie : la science

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Ça couvre donc globalement les 5 « domaines » pour lesquels les animaux sont utilisés, hors de leur vocation initiale. Détaillons un peu chacun des thèmes abordés, alors… mais je ne serai pas exhaustif, cet article n’a pas vocation à résumer le film, mais à vous convaincre que certaines choses existent, qu’il faut en prendre conscience, et pas fermer les yeux en se disant que ce que l’on ne voit pas n’existe pas, comme le font bien trop de gens. Quand même, chapeau bas au réalisateur, qui a mis 5 ans à tourner toutes ces images en caméra cachée.

 

Les animaux domestiques

Pour commencer, quelque chose de courant. Enfin, de courant… Je m’exprime mal : tout ce qui est abordé dans Earthlings est courant, seulement, on le voit plus ou moins, et plus ou moins de moyens sont déployés pour masquer ce qui peut déranger.

 

Les animaux domestiques, donc. Chiens, chats, cochons d’inde… chacun a sa préférence. Beaucoup souhaitent posséder un animal familier, pour tout un tas de raisons. Et parmi ces gens, il y a ceux qui s’occupent correctement de leur animal, et les autres. C’est sur les « autres » que se focalise le reportage. Maltraiter un animal domestique, c’est jouer avec sa santé, avec son mental, le rendre malade, le blesser… et pour bien faire, l’abandonner quelque part où il finira probablement par mourir.

Un (dernier ?) refuge
Un (dernier ?) refuge

Ces animaux abandonnés, on les recueille, on les traite aussi bien qu’on le peut (bravo à la SPA pour le travail qu’elle fait, je suis déjà allé plusieurs fois au refuge le plus proche de chez moi), avec les moyens à disposition. Mais il arrive un moment où les cages sont surchargées, où les animaux tombent malades, vieillissent… Et à ce moment, un des moyens de les faire « partir » le plus rapidement, c’est l’euthanasie. C’est triste à dire, mais abandonner un animal le long d’une route, ça revient souvent à l’euthanasier. C’est seulement une question de délai.

L'euthanasie...
L’euthanasie…

Un chiffre donné par le réalisateur : 25 millions. 25 millions d’animaux domestiques abandonnés chaque année. Dont 9 millions qui mourront dans la rue, par accident, de faim, de froid, de maladie, de blessures… Ce qui nous laisse 16 millions d’animaux en refuge, qui finiront pour certains dans un nouveau foyer (merci les gens qui adoptent ! ♥ ), ou… eh bien, comme déjà dit, tués par manque de place. Et encore, il y a des endroits sur Terre où on ne s’embête pas avec des refuges : un animal errant ? Bah, un coup de carabine, et il n’errera plus bien loin…

Je ne vous rajoute pas d’image des gens qui balancent un pauvre chien errant mal en point dans un camion à ordures… on sait tous comment sont compactés nos sacs poubelles.

 

Une des solutions à ce problème, c’est évidemment la stérilisation des animaux de compagnie. Le sujet est (un peu) abordé dans le documentaire, mais en gros, si on limite la reproduction de nos amis à poils/plumes/autres, on évite de tuer les petits à la naissance ou de les abandonner dans la rue… Sauf qu’apparemment, pour plein de gens, castrer/stériliser sa bestiole, ils le vivent eux-mêmes, et ça les met mal à l’aise, donc ils ne le font pas. Ne pas éviter ça, de la part du « propriétaire » d’un animal (les guillemets, c’est parce que j’ai un peu de mal avec le fait de posséder un autre être vivant/pensant), c’est ne pas prendre ses responsabilités, et dans ce cas, on n’achète pas de bête.

 

La nourriture

C’est une des plus grosses parties, ça. Quand on achète un paquet de saucisses, un poulet, une côte de bœuf au supermarché… on se dit quoi ? Que la bestiole en question a mené une vie sympatoche, à crapahuter dans un pré ? Oui, ça arrive, mais c’est rar(issim)e. La réalité, c’est qu’on les élève à la chaîne (d’ailleurs, le mot « industrie » en dit long), et qu’on les massacre (désolé, mais je ne vois pas d’autre mot pour qualifier de telles pratiques) avant de les transformer en pièces consommables. Dans un abattoir, on ne compte pas les bêtes, ni les têtes, mais les kilogrammes de viande en sortie. Et par extension, de nombreux éleveurs se sont mis à raisonner de la même façon, parce qu’on en est arrivé à un stade où les intérêts économiques des éleveurs ont plus d’importance que les intérêts, que les vies même, des animaux.

Vous avez déjà vu un porc se faire « assommer » ? Hé, un pistolet d’abattage, ça n’a rien de gentillet. On appelle aussi ça un « pistolet à projectile captif », dans la mesure où physiquement, on ne colle pas une balle dans le cerveau de la pauvre bête se trouvant au bout du canon. Basiquement, on propulse (air comprimé, ou cartouche de poudre) un piston sur le crâne de l’animal, et ça l’assomme. Le piston revient dans son logement, d’où le nom. Et quand je dis « ça l’assomme », on parle d’une bête destinée à l’abattage, donc on se fout un peu du fait qu’elle soit en bon état. Du coup, ça cogne bien fort, et je vous décris pas la marque de l’impact sur le crâne de l’animal.

Les animaux dans les abattoirs sont également tués par des chocs électriques. Mais parfois (et même très souvent) ces chocs électriques ne sont pas assez puissants pour tuer (ou au moins assommer) l’animal. Du coup, la bête arrive sur la chaîne et est découpée/charcutée vivante et consciente. C’est apparemment le cas des vaches françaises, pour une marque (que je ne citerai pas, en ces temps troublés où la moindre critique de la part d’un blogueur personnel lui vaut une amende) qui pour des raisons d’économies d’électricité a réduit la puissance de ces chocs. Ou pour des poules, qui du coup se retrouvent ébouillantées encore vivantes.

 

Vous voyez la taille de ce truc ?!
Vous voyez la taille de ce truc ?!

Et si c’était la seule torture qu’on leur faisait subir… Allez, en vrac : un porc, on va lui couper la queue, les oreilles… sans anesthésiant. Une vache ? Oh, on va l’écorner, la marquer…

Sans anesthésiant... vous imaginez ce qu'elle ressent ?
Sans anesthésiant… vous imaginez ce qu’elle ressent ?

 

Et là j’en vois venir quelques-uns, en mode « c’est pour ça que je mange casher ». Par chance, le réalisateur a également fait un tour dans les abattoirs casher, et a relevé les « violations » qui étaient faites aux principes définis pour ce type d’abattage. Ben franchement, les différences sont minimes, et ce que vous pensez manger après avoir été tué dignement n’est ni plus ni moins qu’un beau mensonge. Ceux qui connaissent : est-ce que selon vous, électrocuter un animal immobilisé, c’est convenable ? Est-ce qu’égorger un animal retourné, le forçant du coup à ingurgiter son propre sang, c’est convenable ? Continuer en lui retirant la trachée et l’œsophage, c’est convenable ? Le balancer par terre, dans son sang, entrailles pendantes, alors qu’il est encore vivant, c’est convenable ?

C’est pas mieux dans un abattoir « classique » hein, je ne tape pas sur le casher gratuitement, mais il ne faut pas non plus croire tout ce qu’on dit sans vérifier… Si c’est ça la shehita, alors ça ne vaut pas mieux que le reste des méthodes d’abattage.

Pour le casher et le halal, l’animal doit être traité avec compassion et douceur, il ne doit rien sentir. Or ce n’est évidemment pas le cas dans les abattoirs. Par conséquent, les viandes halal ou casher n’ont rien à voir avec l’application de cette tradition religieuse. Le « producteur » n’a aucune obligation d’indiquer si l’animal est abattu de façon halal ou non (à vrai dire, c’est même l’inverse : il ne doit pas le faire), et du coup, même si on est contre cette pratique, on peut manger de la viande du commerce qui a été abattue de façon halal sans le savoir.

Et le pire dans tout ça, c’est qu’on voit dans le reportage des gens qui ont l’air de s’éclater à faire leur métier. Maltraiter des animaux innocents et inoffensifs… gratuitement ? Ha, mais ils sont même payés pour ?! C’est classe sur un CV, « insulte des porcs destinés à l’abattoir et les fait avancer à grands coups de savate et de bâton »…

 

Hélas, c’est aussi valable pour la volaille, tout ça… et pour les poissons. L’homme n’est pas plus respectueux des animaux marins qu’il ne l’est des animaux terrestres.

Si si, il zigouille un dauphin, là...
Si si, il zigouille un dauphin, là…

Beaucoup de gens pensent que les poissons ne sont pas des animaux comme les animaux terrestres, mais ils souffrent tout autant. Des études scientifiques (comme celle-ci) montrent que les poissons ont un système nerveux très complexe. Par exemple, pour le homard, si on le coupe en deux, il va souffrir des deux côtés (si si). Alors qu’est-ce que ça doit être de le faire bouillir vivant… Et puis… personne (‘fin techniquement, si, mais bon) n’a envie de manger du chat, alors pourquoi manger un cochon ? Et de la même manière, personne n’a envie de manger un dauphin, alors pourquoi manger un cabillaud ? Une sardine ?

 

L’habillement

Je ne vous apprends rien : des ceintures aux chaussures en passant pas un paquet de vestes, manteaux… vous vous drapez dans la peau d’innocentes victimes. Peau qui, soit dit en passant, n’est rien de plus que de la matière organique, amenée à se dégrader, comportement inhibé par l’ajout de produits chimiques nocifs qui ont une nette tendance à attaquer la peau de l’homme.

Alors, pour bien faire, ce ne sont pas les mêmes animaux qui sont élevés pour la nourriture et l’habillement. Vous pourriez vous dire que la vache que vous mangez a « donné » son cuir pour faire un sac à main. Ben non. C’est une autre vache, qui elle ne terminera pas dans un rayon de supermarché !

Une "vache à cuir"
Une « vache à cuir » vivante…

 

Alors, le cuir, OK, on connait tous, c’est globalement accessible. La laine, aussi, toutes ces choses là. Mais la fourrure… Il y a des gens qui envoient 50 000$ pour un manteau de fourrure. Y’a que moi que ça choque ?

On estime que 100 millions d’animaux sauvages (chassés, piégés…) sont tués chaque année pour être dépecés… Ils sont stockés dans des cages, où ils deviennent fous (passez d’un espace quasi infini à une cage de moins d’1m² que vous partagez avec 3 collègues qui finiront par céder à la tentation de vous bouffer une patte… vous verrez), tournent en rond…

Comme quand vous enlevez votre T-shirt... Lui, c'est seulement sa peau. Il est vivant.
Comme quand vous enlevez votre T-shirt… Lui, c’est seulement sa peau. Il est vivant.

Ces animaux subissent une mort plus que lente et cruelle. Dépecés vivants, pour la plupart… ou abattus, mais là encore, on privilégie la méthode la moins coûteuse, donc pas la plus respectueuse… Du genre empoisonner un loup au monoxyde de carbone, ou à la strychnine (le premier poison à avoir été isolé, dont l’utilisation est par ailleurs interdite en France depuis 1999, même dans la lutte contre les rongeurs, alors que certains humains se dopaient avec à faibles doses). Ouais, OK, c’est pas super glamour. Mais l’électrocution anale non plus, hein : insérer une sonde dans l’arrière-train, faire mordre une tige métallique et faire passer un bon courant, c’est clairement pas dans mes objectifs. Pauvre renards…

Sans commentaire...
Sans commentaire…

Ouais, pis on fait des économies avec ce qu’on peut, donc on file les dépouilles des copains à manger aux survivants provisoires…

Un jeune phoque, au milieu des dépouilles de ses comparses...
Un jeune phoque, au milieu des dépouilles de ses comparses…

 

Pour revenir aux vaches, certains cuirs proviennent quand même d’animaux abattus pour leur viande, mais pas tous. D’ailleurs, pour fabriquer le cuir très fin et très « noble », qu’on appelle le « vélin » (utilisé pour faire des sacs de luxe –vous qui pensiez acheter une image et un statut social, pensez-y), on abat une vache qui a encore son petit veau dans le ventre. Le veau a encore une peau très fine et très fragile, et c’est ce cuir qui est utilisé…

 

Le divertissement

Qu’est-ce qu’il faut entendre par « divertissement » ? Eh bien, toutes les activités pour lesquelles nous, humains, utilisons des animaux pour notre bon plaisir. Chasse, pêche, mais aussi zoos, cirques, corridas…

Ne croyez pas que parce qu’on vous dit qu’on traite bien les animaux dans les ménageries, par exemple, que c’est nécessairement le cas. Evidemment, devant du public, ce serait dérangeant de mettre des coups de pique à un éléphant. Mais en coulisses, qu’en est-il réellement ? Encore une fois, Earthlings nous conduit au cœur de la chose, toujours en caméra cachée… 😕

 

Idem pour les rodéos, les corridas… Ça m’a toujours paru abominable. S’amuser à faire souffrir des êtres vivants, tout en étant parfaitement conscient de la souffrance ainsi infligée, et continuer à aimer ça ? Pardon, mais là, il faut quand même avoir des ampoules grillées à certains étages. Tradition ou pas. On est censé évoluer, un peu, quand même. Sinon, quitte à revenir aux traditions, on se remet à écarteler les criminels, on rétablit le supplice de la roue… ça au moins, c’était convivial, chacun venait avec son p’tit bâton, tout le monde participait ! (pas taper, c’est une réplique de Kaamelott, bien que très à propos 😀 ). Et le lasso ? Attraper un veau lancé à toute sa vitesse par le cou, et le stopper net, vous avez une vague idée du choc qu’il se prend de façon hyper localisée ? Je vais pas vous enquiquiner avec un calcul d’énergie cinétique, mais quand même, vous savez déjà ce que peut faire une ceinture de sécurité…

Tellement classe de se mettre à deux avec des piques pour violenter un éléphant...
Tellement classe de se mettre à deux avec des piques pour violenter un éléphant…

Le cirque, donc. Parce que le reportage en parle pas mal, et parce que c’est toujours quelque chose qui m’a agacé. Qu’un type se déguise et fasse le guignol, ouais, OK, chacun son passe-temps, faire rire les autres c’est cool, j’y arrive très bien sans le faire exprès. 😉
Mais un lion qui saute dans un cerceau, un éléphant qui s’assoit sur un plot… Est-ce un comportement naturel ? Non, c’est du dressage/domptage. Parlons-en, tiens. Ma première mauvaise impression sur le dressage vient de Dumbo. Ouais, ça nous rajeunit pas, mais de voir cette maman éléphant isolée, maltraitée, parce qu’elle voulait protéger son petit de la cruauté d’un jeune con. De le voir, lui, bébé éléphant, seul, loin de sa mère et de l’amour qu’elle lui portait. Parce que ne nous leurrons pas, même si Disney passe ça sous silence, un éléphant supposé dangereux (et là j’ai envie de dire : un éléphant est sauvage et n’a rien à faire sous un chapiteau, encore moins avec une plume au sommet de la tête) et considéré comme une menace pour le public, on va pas le relâcher, on va le tuer.
Ainsi, les animaux sauvages accompliraient de tels tours ? Comme ça ? Pour une vague récompense ? Ou pas. Parce que derrière le rideau, ils sont martyrisés, et qu’ils ont peur de leurs dresseurs et des punitions infligées. Extrait de la discussion filmée entre un dresseur et son « apprenti » :

Hurt him. Don’t touch him! Make him scream. If you’re scared to hurt him, don’t come in this room. […] And he’s gonna start screaming. When you hear that screaming, then you know you’ve got their attention a little fuckin’ bit!

Fais-lui mal. Ne le touche pas ! Fais le barrir. Si tu as peur de lui faire mal, tu n’as rien à faire ici. […] C’est là qu’il va gueuler. Quand tu l’entends gueuler, tu sais qu’il est prêt à t’écouter.

C’est quand même particulier comme méthode, vous trouvez pas ? Vous choisiriez ce mode de vie, vous, si on vous le proposait ? J’en doute fort. Mais à eux, on ne leur a pas laissé le choix. Et vous payez pour voir ça. Et ça encourage les cirques à poursuivre dans cette voie.

Et si jamais un animal se rebelle (ça arrive, on le voit dans le film), eh bien… Il finit avec plus de plomb dans le corps que de muscles.

 

Et les zoos ? Valeur éducative, mission de conservation, tout ça. Mais concrètement, ils transmettent quoi ? Pour nous, visiteurs, les animaux que nous voyons ne sont que des curiosités, des objets. On va passer la journée au zoo, et basta. Mais ces animaux, ils vivent loin de chez eux, toute l’année, en captivité. Rendus dépendants de l’homme pour survivre, parce qu’incapables de se débrouiller sans les gardiens, vétérinaires, etc. Relégués au rang d’attraction à touristes, attraction dont le but est de rentabiliser la captivité des « hôtes » en questions.

 

M’enfin je préfère un zoo à une corrida, quand même. S’il fallait choisir. Mettre en scène la mort d’un animal qu’on dit respecter… Alors que tout est fait pour l’affaiblir (poids accrochés aux cornes, tranquillisants, laxatifs, isolement dans le noir…).

Non, la lame, c'est pas pour le détacher...
Non, la lame, c’est pas pour le détacher…

 

La science

Allez, haut les cœurs (c’était un peu la réalité quand j’en suis arrivé là, des hauts-le-cœur), c’est le dernier morceau. Celui où on fait subir tout ce qu’on peut à des animaux, « pour voir ». Officiellement, pour les premiers essais de médicaments, cosmétiques… avant d’adapter les formules et de faire des tests cliniques sur l’homme.

Retenez bien que les animaux ne réagissent pas du tout comme nous à ce qu’on leur inflige. Et que les seuls tests ayant une vraie valeur, et les seuls reconnus et obligatoires, ce sont les tests humains. Alors à quoi bon les faire sur d’innocentes créatures ? Ça coûte de l’argent, ça prend du temps, et ça retarde les tests cliniques… Et puis, une maladie inoculée ne se comporte pas comme une maladie contractée spontanément !

Et d’ailleurs, 80% des tests appliqués aux rongeurs sont inapplicables à l’être humain. L’idéal serait de faire ces tests sur des cellules souches, ce qui soulève un autre débat, lequel n’est pas l’objet de cet article.

"Si c'est bon pour toi, c'est bon pour moi !"
« Si c’est bon pour toi, c’est bon pour moi ! »

Personnellement, je vois les tests sur les animaux comme une insulte à la Science. La vivisection, par exemple. Ou ces essais pour simuler l’effet d’un accident de voiture sur le cerveau : on ligote un babouin, on lui colle la tête dans un casque, et on redresse sa tête de 60° à une accélération de 1 000g. Je sais pas si vous imaginez le choc dans la boîte crânienne… On ferait ça sur un de vos gosses, ce serait toujours si acceptable ?

Des chats de labo...
Des chats de labo…

 

Pour (en) finir…

…il est une loi universelle que l’on va exprimer ainsi : toute mort non-naturelle s’accompagne de douleur et de souffrances. Les animaux ne font pas exception. De quel droit, nous, humains, pouvons nous décider de leur infliger de tels traitements, et à si grande échelle ?

Ce n’est pas parce que les animaux auraient un degré d’intelligence inférieur au nôtre qu’ils ne souffrent pas. Ils éprouvent même un certain nombre de sentiments, comme vous et moi : joie, solitude, tristesse…

La douleur, concrètement, c’est quoi ? Des signaux, des impulsions électriques transmises par les nerfs au cerveau. Ces impulsions ont pour origine les sens : ouïe, odorat, toucher… Et les animaux en disposent aussi. Certains animaux ont même des sens bien plus développés que les nôtres… la souffrance engendrée serait d’autant plus forte ! 🙁

Jamais, jamais, nous n’avons fait de découvertes sur la physiologie de l’homme en torturant des animaux. On en a juste appris un peu plus sur les dits animaux. Et à quel prix, je vous l’demande.

 

Alors, que prouvons-nous avec de telles pratiques ? Et je parle bien des 5 « domaines » abordés par le documentaire….
Elles prouvent une fois de plus, si toutefois c’était nécessaire, que l’homme n’a toujours pas atteint son niveau d’abaissement le plus bas. Mais il y travaille, rassurez-vous.  Avons-nous perdu toute sensibilité, pour ne pas réagir face à de tels comportements ? Est-ce que fermer les yeux suffit à certains pour admettre que s’il refusent de voir une chose, alors elle n’existe pas ?

 

Une « excuse » régulièrement invoquée par les spécistes est l’ignorance. « Ouais, on savait pas, nous ». Ne pas faire preuve de suffisamment de curiosité, avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui, c’est impossible. Surtout que plein d’éléments devraient les faire tiquer : pourquoi des labels sur la viande, les animaux ? Parce que des différences de traitement existent. Mais quels traitement ? « On s’en carre, le label rouge il est mieux, mais cher, c’tout ». C’est sûr, c’est pas devant « Les anges » ou un pseudo-JT de TF1 qu’on va en apprendre davantage sur tout ça. L’homme peut bien continuer à s’abaisser tout seul en regardant ses congénères se ridiculiser dans « Confessions intimes », ça ne m’atteint pas, je ne cautionne pas, mais chacun fait ce qu’il veut de sa vie. Mais pas de celle des autres. Là, on parle de gens qui ne veulent pas connaître la vérité.

« M’en parle pas, tu vas me couper l’appétit ». Ah ben c’est certain qu’avec un tel documentaire, on ne regarde plus son morceau de viande de la même façon. Et c’est bien reconnaître que ces pratiques sont révoltantes. Sans généraliser à 100% des cas, hein, tous les abattoirs ne sont probablement pas comme ceux montrés.
Mais la question de fond, elle n’est pas là. On pourrait bien faire des abattoirs propres avec des fleurs peintes sur des murs roses et azur, passer du Chopin dans les élevages de poules, ça ne changerait rien : nous n’avons aucun droit sur ces bêtes. Elles partagent la même planète que nous, et on empiète déjà bien assez sur leur espace avec nos activités polluantes et invasives. Elles ne savent pas où aller, sont fragilisées. Alors prendre le droit de leur inoculer une maladie, de les éventrer sauvagement, ben… non ?

C'est mieux ainsi, en liberté, non ?
C’est mieux ainsi, en liberté, non ?

La nature est magnifique, et tout le monde peut trouver sa place. On peut enrayer la machine, chacun selon ses moyens, son envie de s’impliquer. Voici 5 propositions, suggérées par le réalisateur. Je vous propose d’en discuter dans les commentaires, et je vais commencer par donner mon avis pour montrer l’exemple ! 😉

  1. Adoptez dans des refuges. Stérilisez et castrez vos animaux de compagnie. N’achetez jamais dans des animaleries ou dans des élevages.
  2. Devenez végétalien. Évitez les produits d’origine animale, y compris les produits laitiers et les œufs.
  3. Cessez de porter du cuir, de la fourrure, de la laine, du duvet/des plumes…
  4. Boycottez les divertissements où figurent des animaux, comme les cirques, zoos, rodéos, corridas, etc.
  5. N’achetez jamais de produits ayant été testés sur les animaux. Soutenez seulement la recherche où les animaux ne sont pas utilisés.

 

 

Alors :

  1. J’attends depuis longtemps maintenant le moment où je vais avoir un « vrai » chez-moi, et où je pourrai adopter un chat. Et clairement, je veux pouvoir offrir une belle seconde vie à un animal qui a été malheureux et n’a pas eu la chance de tomber sur un maître correct. Ça a toujours été. Oui, je le garderai probablement moins longtemps, mais ça n’a pas d’importance. L’animal sera heureux, et le rendra, c’est comme ça que ça a toujours fonctionné. On récolte ce que l’on sème.
  2. Là, c’est un poil plus complexe. Passez d’un régime « omnivore » (il doit y avoir un terme plus approprié) au végétalisme, c’est un grand saut. Enfin, pas si grand que ça, à la réflexion. Il faut juste le préparer, prendre le temps de connaître d’autres produits et d’essayer de les cuisiner. Franchement, ça ne vaut pas la montagne qu’on s’en fait. J’ai récemment découvert un bon nombre de produits qui font aujourd’hui partie de mon quotidien, et je sais pertinemment qu’il m’en reste énormément à essayer.
    Cela faisait un moment que j’essayais de limiter ma consommation de produits d’origine animale, pour plusieurs raisons dont le prix d’un certain nombre d’entre eux (hé, étudiant quoi), et des « doutes » sur l’indication réelle d’autres produits. Sans parler de ces histoires de viande de cheval par-ci, de résidus d’arrêtes de poisson par-là… Et pour résumer ça de la meilleure façon qu’il m’a été donnée d’entendre : « après tout, le lait de vache, il est fait pour le développement des bébés vaches, pas pour celui de l’homme, donc ça ne peut pas convenir ».
    Du coup, j’ai appris qu’un mot désignait mes habitudes alimentaires : le flexitarisme. Je suis donc flexitarien. Même que ouais. Mais je me pose très sérieusement la question d’un régime alimentaire plus strict, en particulier parce que je ne cautionne absolument pas ce que j’ai vu dans ce film, dont j’avais connaissance auparavant, mais de façon clairement moins détaillée. Et pour avoir mis le nez dans plusieurs livres de recettes végétaliennes : ça vaut le coup. C’est pas plus long à faire, c’est au moins aussi bon, ça a un côté « nouveau » qui incite au partage, et pour moi qui aime cuisiner et partager ça avec mes amis, c’est top. Ça demande seulement un petit temps d’apprentissage. Essayez, ça ne coûte rien !
    Et si c’est bien fait, il n’y a pas de soucis de carences. J’vous vois venir. Mais même un omnivore, à bouffer n’importe quoi, il finit en carence de fer, de potassium… 😉
  3. Là, à part un peu d’attention au moment d’acheter des vêtements, ça va, c’est pas trop contraignant. Je ne porte que peu de cuir, à part une ceinture et deux paires de chaussures. Je dois avoir un pull en laine et un autre avec un peu de cachemire. Les plumes, à part sur le croupion dans une soirée indiens et cow-boys avec @Zilkos, je mets pas.
  4. Simple aussi. Je ne supporte pas les cirques avec des animaux. J’aime bien les clowns, je suis un grand fan des tours de magie, illusions, tout ça. Mais voir un tigre en cage sauter partout sans bouffer le dompteur, ça me déprime. Idem pour les zoos, j’ai pas le sentiment que les bêtes soient heureuses. J’y suis déjà allé 2-3 fois, généralement avec des amis et pour prendre des photos, mais je limite vraiment. D’ailleurs, j’ai pas le sentiment que les visiteurs y trouvent réellement leur compte non plus. J’aime pas les corridas, c’est au même niveau que le football dans mon estime (très bas donc). Je ne chasse pas (et pourtant, je tire bien sur cible), et je ne pêche pas. Donc pas de gros effort à faire sur ce point.
  5. Là, c’est un peu plus flou. Il me semble qu’il y a des labels pour ça, je suis loin d’être expert, mais de mémoire il y a le label Vegan, et surtout le label européen avec le lapin étoilé ( « cruelty-free » ). Pour le reste, autant être honnête, je ne les connais pas tous par cœur, il y en a pas mal et c’est un des reproches qu’on peut faire aux labels. Une petite liste.
    Bref, j’essaie de faire attention tout de même, mais c’est compliqué de savoir. Les marques n’ont pas grand intérêt à afficher ça pour l’instant. Il faut aussi différencier les labels qui concernent l’ensemble du produit (donc les matières premières aussi) de ceux qui ne concernent que le produit fini, et pas les produits intermédiaires. Beaucoup de produits de cosmétique bio indiquent ne pas être testés sur les animaux, mais leurs sous-produits le sont la plupart du temps. Tester sur les animaux est interdit en Europe, mais les sous-produits sont testés hors de l’Union Européenne.

On pourrait aussi ajouter un certain nombre de produits contenant des éléments d’origine animale à la liste des trucs à éviter… Je pense en particulier aux éponges non-végétales (bah ouais, si c’est pas indiqué que c’est végétal en totalité, vous leurrez pas, c’est que c’est une éponge d’origine animale. Siii, on fait ça très bien, j’peux même vous donner un bel exemple de synergie d’écologie industrielle basée sur ce genre de flux), et aux cosmétiques, produits de beauté… Il n’est pas rare (dit-il après avoir constaté ça dans un rayon de grande surface) de trouver de la graisse animale, de castor en particulier, dans les savons et shampoings. Vous vous lavez les cheveux avec de la graisse de castor, quoi. Il a vraiment mérité ça, le castor qui a fini dans un tube Nivea ? 😕

Bref. Je vais m’arrêter là. D’autres bien plus calés que moi pourront compléter, je peux sans souci ajouter des choses à cet article. J’espère simplement que vous avez pu prendre conscience d’un certain nombre de choses, et que ça vous fera réfléchir un peu à vos habitudes et à ce qui se passe hors de notre vision directe. Je suis pas là pour faire la leçon, mais comme pour plein d’autres sujets abordés ici, c’est compliqué de rester neutre quand on est convaincu par ce que l’on exprime. Dans mon cas, la réflexion n’est pas terminée, et je suis tout à fait enclin à discuter de tout ça avec vous ! 🙂

La route est longue, mais la voie est libre. (Ouais, on peut reprendre ça, c’est aussi ça, la culture libre ! :mrgreen: )

 

Un grand merci (et des bisous, as usual) à @Zilkos et @fr33tux pour leur relecture attentive en tant que « découvreurs » du sujet, et à Delphine qui a, en plus de relire, complété mon brouillon de ses connaissances bien plus poussées que les miennes en la matière et favorisé cette prise de conscience.