[Test] ChromeCast : vos médias sur grand écran

Salut les jeunes ! (Et les moins jeunes :mrgreen: )

Vous avez déjà entendu parler de Chromecast, la dernière nouveauté sortie des labos du géant Google et récemment arrivée en France ? Mais si ! Cette espèce de grosse clé USB qui, en lieu de place d’un port USB mâle, vous propose un connecteur HDMI pour se brancher à votre écran/TV/vidéoprojecteur/ampli/truc, et qui vous permet d’y afficher des vidéos YouTube, de lire vos films et musiques stockées sur votre compte Google…

Alors, est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que ça fonctionne ? Et par rapport à Miracast, ça donne quoi ? Réponse au cours de ce petit test !

 

Chromecast, c’est quoi ?

Du point de vue technique, c’est un dongle HDMI, pas spécialement gros, estampillé « Chrome » (vous vous en doutiez de toutes façons 😀 ), livré dans une petite boîte pas trop moche (mais qui à mon humble avis a un certain potentiel d’amélioration en termes d’évaluation environnementale…) avec un adaptateur secteur, une (très) petite rallonge HDMI, des fois que la place vienne à manquer sur votre TV (vu que le dongle est un poil plus large que le connecteur, ça risque d’empêcher l’accès aux prises voisines).

Le Chromecast
Le Chromecast

Le Chromecast est donc fait pour être connecté à un écran, et nécessite une alimentation externe pour fonctionner. Il va ensuite (une fois configuré hein) se connecter en Wi-Fi à votre réseau habituel, sur lequel il va s’annoncer, rendant la détection possible par les autres périphériques.

Ensuite, les applications compatibles Chromecast (les autres l’ont dans le baba) pourront s’y connecter pour y diffuser des contenus. Techniquement, le transfert ne se fait pas du périphérique (ordinateur, smartphone, tablette…) vers le Chromecast. En fait, c’est « juste » l’URL du contenu à récupérer qui est transmise, et l’application à utiliser. En très gros, vous choisissez une vidéo YouTube sur votre tablette, cette dernière envoie l’identifiant de la vidéo au Chromecast, et c’est ensuite ce dernier qui va aller récupérer le contenu sur Internet. Ce qui explique la connexion Wi-Fi. Les infos qui transitent entre le Chromecast et la tablette sont juste des trucs basiques : position dans la vidéo, volume, ce genre de chose.

Vous l’aurez donc deviné : puisque le bouzin va chercher sur Internet… pas possible de streamer un contenu stocké localement, genre un film que vous auriez mis sur votre tablette sans l’avoir acheté via Google Films. On reviendra sur ces limites plus tard.

 

Principe de fonctionnement - Crédits : Google (CC By 3.0)
Principe de fonctionnement – Crédits : Google (CC By 3.0)

L’installation est super simple, vraiment. Votre smartphone doit être équipé de l’application Chromecast, et il y a juste à suivre le guide pour connecter votre dongle à votre réseau Wi-Fi. Après, aucune manip’ supplémentaire, juste activer ou non le Chromecast dans vos applications.

Une fois configuré ;-)
Une fois configuré 😉

 

Un poil plus de détails ?

C’est la petite partie un peu « technique » de l’article, pour les curieux. On est d’accord que la tablette et le ChromeCast doivent être sur le même réseau pour communiquer. Mais comment font-ils ?

La réponse est simple : DIAL. DIscovery And Launch est un protocole développé par Netflix en 2012, comprenant également un serveur (dans notre cas, le CCast) sur lequel un client (ici, tout smartphone/tablette/ordinateur) peut lancer des applications. La découverte de périphériques compatibles sur un réseau se fait grâce au protocole SSDP (Simple Service Discovery Protocol) version 1.1 (défini par le standard uPnP), et le reste (une API REST, sans mauvais jeu de mot) passe en HTTP.

N’importe quelle application peut utiliser ChromeCast si elle le souhaite : Google a en effet publié un kit de développement (SDK) dédié, accessible gratuitement sur son site web. Libre aux développeurs de l’utiliser, ou non.

 

Puisque c’est le CCast qui récupère le contenu à diffuser sur Internet… Eh bien, vous pouvez lancer une vidéo via Pluzz par exemple, puis éteindre votre smartphone, ou partir bosser en collant les mômes devant la TV (c’est mal). J’ai même fait l’essai de lancer une vidéo sur Pluzz depuis mon smartphone, de le couper, puis de me connecter au CCast depuis ma tablette… et c’est super : elle contacte le CCast, « comprend » qu’il lit une vidéo, et me redonne le contrôle sur la lecture sans l’interrompre sur la TV. Un peu comme une télécommande, en fait, et par opposition à AirPlay (c’est moche) ou MiraCast, où les contenus sont directement envoyés du périphérique à l’écran (et donc il n’est pas possible de les éteindre ou de les déconnecter du réseau d’une quelconque manière que ce soit sans arrêter la lecture aussi sec).

 

Avantages et limites

On va commencer par les inconvénients, parce que je viens d’en avoir un nouveau et que ça m’a agacé. 😉

  • Ne croyez pas échapper aux publicités de YouTube simplement parce que vous utilisez un ChromeCast. Ça passe très bien aussi, et c’est tout aussi chiant que sur ordinateur.
  • L’impossibilité de streamer du contenu stocké sur un périphérique local (ordinateur, tablette…). C’est inhérent au principe de fonctionnement du CCast, mais… ça se contourne assez simplement. On va voir ça dans les avantages si vous le voulez bien ! 😀
  • L’impossibilité de recopier son écran. Encore une fois, c’est le principe qui veut ça. Il faudrait une application capable d’enregistrer ce qu’il se passe sur votre écran, de l’encoder dans un format vidéo que le CCast peut lire, puis de lui envoyer en continu. Donc oui, c’est techniquement possible, mais ça va bouffer un max de puissance (et donc de batterie !), et je vous parle pas de la latence (le décalage entre ce que vous faites sur le smartphone et le moment où vous voyez ça sur le deuxième écran).

 

Et côté avantages, donc :

  • Le prix, nom de Zeus ! 35€ pour transformer mon simple écran HDMI (pas TV hein, juste écran d’ordinateur) en truc semi autonome capable de lire des vidéos et pilotable depuis mon ordinateur, mon smartphone ou ma tablette… ou l’engin d’un ami de passage ! Choisir un replay, le lancer, puis éteindre la tablette et se vautrer dans son lit… Pour ce prix, c’est franchement bien.
  • La réactivité. Changer le volume, passer à la vidéo suivante, c’est super rapide. Il n’y a quasiment aucune latence : moins d’une demi-seconde, à la louche.
  • La possibilité d’éteindre l’écran, voire d’éteindre le périphérique, pour reprendre depuis un autre : facile même à plusieurs potes dans la pièce d’ajouter des vidéos YouTube à une liste de lecture !
  • L’ouverture du SDK : outre le fait que tout développeur peut ajouter cette fonctionnalité, ça a aussi permis de contourner certaines limitations comme la lecture de contenu local.
  • Une grande partie du code source du ChromeCast est ouvert et accessible ici.
  • Le ChromeCast est compatible avec tout et n’importe quoi : Google Chrome et Chromium (toutes plate-formes confondues), Android, iOS… Là où les autres (je pense en particulier à AirPlay) sont limités à un écosystème de produits.

 

En résumé…

Eh bien, je recommande ! 😀

Comparé à d’autres systèmes plus ou moins équivalents (comme le standard Miracast, plombé par des implémentations diverses et variées résultant en pas mal d’incompatibilités), c’est une valeur que je qualifierais de sûre. Surtout quand on constate que des dongles Miracast de qualité atteignent facilement les 60-80€, avec des latences toujours suffisantes pour empêcher de jouer (par exemple).

La lecture se fait très bien en HD pour peu que le réseau Wi-Fi tienne le choc… ainsi que votre connexion ADSL, évidemment. J’ai eu quelques « pauses buffer » avec Pluzz, mais c’est tout, et rien de franchement handicapant (il lisait de la HD, aussi — les bébés manchots, c’est toujours mieux en HD).

Bien évidemment, je ne peux pas tout tester… certaines applications sont payantes, d’autres nécessitent un NAS compatible, bref. Toujours est-il que c’est bien pratique, que le rapport qualité-prix est excellent, et que ça ouvre pas mal de possibilités. Si aujourd’hui la liste d’applications compatibles est somme toute restreinte en France, ça va nécessairement bouger. Sans parler des « applications détournées » (oui, certains modèles sont rootables, et des ROM alternatives existent déjà ! Plus d’infos sur le forum XDA [en anglais] ).

Par contre, je vais suivre tout ça de très près : même XBMC regarde CCast avec des yeux doux, histoire de pouvoir y streamer du contenu aussi… <3

 

Bonus !

Ça fait plusieurs fois que je parle de streamer un contenu local… Allez, je vous explique.

Plusieurs moyens permettent de lire un média (sous réserve qu’il soit compatible avec les formats supportés par le ChromeCast !) depuis sa propre machine :

  • Google Chrome / Chromium. Avec l’extension Google Cast, votre ordinateur va encoder ce qu’il se passe dans un onglet, et l’envoyer sur le CCast. Pratique pour montrer un site web, mais aussi… un film, s’il est dans un format que Chrome/Chromium peut ouvrir directement ! 😉
    La documentation peut vous aider, elle regroupe la liste des formats supportés (en anglais). Attention cependant, Chromium ne supporte pas quelques-uns de ces formats car ils sont propriétaires.
  • AllCast est une application créée par un des développeurs de CyanogenMod. Elle est compatible avec ChromeCast, mais pas que, et permet d’y envoyer photos, musiques, et vidéos. La version complète est payante, mais vous pouvez utiliser une version plus ancienne (et potentiellement buguée, mais je n’ai pas eu de soucis encore), complète et gratuite.

Si avec tout ça vous n’arrivez pas à vous satisfaire du ChromeCast… Je ne sais pas quoi vous dire. Si, peut-être que l’extension Google Cast permet aussi de caster son bureau complet ? 😀