[Test] elementaryOS 0.2 « Luna »

 

Salut tout le monde,

allez, par ces fortes chaleurs (j’étais mieux en Bretagne, il faisait moins de 30°C au moins… dommage de n’avoir pu prolonger !), et depuis le temps que ça traînait, je me suis lancé : formatage du netbook, sous Linux Mint 13 « Maya » depuis la sortie de cette dernière. Ça commençait à s’alourdir un peu, des résidus de conf par-ci, des paquets orphelins par-là, des fichiers peu (ok, pas) rangés… Bon.

Dans le coup, je me suis lancé dans la même histoire qu’à chaque fois : plutôt que d’installer simplement la dernière mouture de Mint, qui est une distribution qui me convient très bien au quotidien, j’ai voulu tester 2-3 distributions qui me faisaient de l’oeil depuis un moment. Ce coup-ci : Manjaro (mais pas sûr que je le ferai), Trisquel (installé, test à venir), et… elementaryOS (site officiel).

 

Alors elementaryOS, c’est une distribution « pas finie ». Encore en beta (beta 2 à l’heure où j’écris ces lignes), basée sur Ubuntu 12.04 « precise pangolin », ce qui ne me change pas trop de Mint 13 😉

On va donc faire un petit tour d’horizon, voir ce que la bête a à nous proposer.

 

Premières impressions

Alors déjà, vous allez trouver ça bête… mais un CD d’installation qui reste un CD (pas un truc de 800Mo qui oblige à sortir un DVD vierge), ben j’aime bien. Forcément, ça oblige à réduire le nombre de logiciels pré-installés, mais voyez ça d’un autre oeil : ça vous laisse le choix de ce que vous boulez installer et surtout, ça n’alourdit pas le système !

On continue. Je précise que j’utilise ici un EeePC de l’entre-deux-guerres, et donc que c’est loin d’être une bête de course : ATOM N450 à 1,66GHz quand il fait beau, 1Go de RAM que j’ai passé à 2Go il y a quelques mois pour le confort d’utilisation plus que par réelle nécessité (pis surtout parce qu’on m’a donné une barrette de RAM compatible qui allait à la benne sinon), chipset vidéo intégré et généralement récalcitrant dès qu’on cause d’accélération 3D. Le décor est planté, mais c’est la machine que j’aime transporter et utiliser au quotidien. Alors il faut que l’OS installé réponde à toutes mes exigences de stabilité, rapidité, autonomie…

L’EeePC démarre donc depuis le LiveCD (si si, j’ai un lecteur USB au fond d’un tiroir). Surprise : temps de chargement étonnament court. D’habitude, un LiveCD d’Ubuntu prend entre 2 et 5 ans à détecter le matos, à charger tout ce qui va bien, puis ENFIN charge dat bouse qu’est Unity. Ben là, non. Une interface somme toute jolie, vraisemblablement basée sur un GNOME 3 qu’on aurait coupé de partout pour l’alléger. Pas de test plus avancé, j’installe pour voir ‘ »en vrai ». Installateur graphique des plus habituels. Simple, efficace, en 3 clics et 15-20min c’est torché.

 

Premier « vrai » lancement

Encore des surprises, en fait. Un chargement rapide, très rapide. Un splashscreen pas trop moche, mais c’est pas ça qui compte. Et surtout, l’ensemble est bien ficelé : pas d’écran noir lors du passage du splashscreen à l’écran de connexion, idem lors de l’ouverture de session. Ouverture de session qui prend à tout casser 6 secondes avec un /home chiffré. À ce niveau là, c’est plus un netbook, c’est un Mirage.

 

Découverte de l’interface et des logiciels pré-installés

Alors pour ce qui est du gestionnaire de fenêtres, c’est un GNOME 3 trafiqué. Comprenez par là que les développeurs ont dû sacrément tailler dans le gras pour arriver à un tel niveau de fluidité.

Et pourtant. Tout est bien léché, les applications (maison ou non !) ne dénotent pas et s’intègrent parfaitement à l’ensemble.

Outre le menu « Applications » dans lequel il est difficile de se perdre, on notera la présence d’un dock, en bas de l’écran. Idem, je n’ai pas pris le temps de regarder sur quoi il est basé, mais ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas les défauts de ses concurrents qui « mangent » un bout de l’écran, s’affichent et/ou se masquent quand il ne faut pas… Il dispose d’un mode « masquage intelligent » qui fonctionne à la perfection, s’anime en cas d’alerte ou de notification, et s’il est réduit à ce moment-là, un petit halo rouge apparaît pour rappeler à l’utilisateur que son attention est requise.

En cadeau, une capture d’écran de l’interface « normale » 😉

interface_eos

Comme vous pouvez le voir, c’est quand même beau. Ça ressemble vaguement à Mac OS X, m’enfin dès que c’est gris et qu’ya un dock, forcément…

Les logiciels pré-installés, donc. Avec 700Mo, ne vous attendez pas à des merveilles :

  • un lecteur de musique (Musique) ;
  • un lecteur de vidéos (Totem) ;
  • un visionneur d’images (Shotwell) ;
  • un client mail (Geary, qui s’il est très réussi esthétiquement parlant et dispose des fonctions « basiques » suffisantes pour tout un chacun, ne me convient pas, ne serait-ce que parce qu’il ne supporte pas PGP) ;
  • un navigateur web que je ne connaissais pas (Midori, très léger, rapide comme pas deux, et très fonctionnel — un excellent choix, surtout comparé à une usine à gaz comme Chromium ou à Epiphany qui se veut léger lui aussi)….

Mais pas de suite bureautique au menu (LibreOffice est bien entendu dans les dépôts, même si je préfère l’installer à la main pour avoir la dernière version), ni de « vrai » client mail (j’ai donc installé rapidement Claws Mail pour tester, et mon EarlyBird+Enigmail habituel). À noter que l’émulateur de terminal fourni est très sympa, même s’il ne dispose pour le moment que de peu de réglages… Idem pour le calendrier : beau, il fait ce qu’on lui demande, mais n’espérez pas une synchro via CalDAV ou même un import depuis un fichier ICS.

L’avantage, c’est que la logithèque est plutôt fournie. Et en plus, la base de la distribution autorise toutes les folies : dépôts maison, dépôts d’Ubuntu, dépôts tiers, PPA… difficile dans ce cas de ne pas trouver un logiciel à jour pré-compilé !

Et tout ça, avec une légèreté incroyable. Sans rire : les animations sont fluides, tout se lance vite, ça ne rame pas et, chose incroyable pour une beta… je n’ai eu aucun plantage en 24h (et pourtant, il a subi sa vie, le machin). Là, l’OS + le terminal (Finch lancé, voir chez Unixmail pour l’installation) + Midori (ouvert avec un onglet) : 570Mo de RAM occupés. C’est oas énorme, ça représente un poil plus de la moitié d la RAM dans la configuration d’origine de ma machine, là où pour mémoire Windows 7 Starter prend ses 730Mo rien que pour démarrer (oui ma soeur a la même machine sous Windows 7… #shame :mrgreen: ). Il se met à l’aise.

En ce qui concerne l’autonomie : à peu près comme ma Mint 13 d’avant. Sans chercher à optimiser quoi que ce soit, il tient facile ses 6h30 sur batterie.

Petit « bonus » sympa : un grand nombre de choses peuvent se faire par des raccourcis clavier, et ça c’est pas négligeable quand, comme moi, on aime pas lâcher le clavier pour tripatouiller le touchpad ou le mulot.

 

En résumé…

Soyons honnêtes deux minutes. Je suis bluffé par la réactivité, l’esthétique… d’elementaryOS. À tel point qu’au fur et à mesure de mes investigations et découvertes, j’en causais à @Zilkos qui a décidé d’arrêter d’en baver d’envie sur son clavier et d’essayer la distribution sur son netbook à lui, le fameux Minimoi. Je ne vais pas spoiler, mais il m’a dit qu’il me ferait un petit témoignage qui viendra bientôt s’ajouter ici. Comme ça, vous aurez un deuxième avis !

Il faut pardonner à elementaryOS quelques erreurs sans doute dues à la jeunesse de la distribution : quelques logiciels qui manquent de fonctions, de paramétrages… Mais là, c’est le « geek » qui parle. Franchement, l’utilisateur lambda, il se fiche pas mal que Geary supporte ou non PGP. Lui, il veut un client mail joli, simple. Et là, c’est réussi. Le peu que les logiciels maison font, il le font très bien. Alors oui, un terminal sans bordures c’est bien, un client mail lourd (genre Thunderbird) c’est bien aussi, mais après tout, c’est quelques commandes dans la console, ou 3 clics via la logithèque.

Je pense malgré tout que cette distrib’ conviendra même aux inconditionnels de Linux. Elle est proposée aussi pour les débutants, le manque d’options en est un signe, l’absence d’un gestionnaire de paquets à proprement parler en est un autre. Oui oui, par défaut, point de Synaptic dans les logiciels installés. Mais Mme Michu, elle s’en tamponne la fesse droite avec une truelle, de Synaptic. Et celui qui le veut, il l’installe. Pour moi, c’est aussi ça, une distribution Linux. Sûr que c’est pas non plus Debian (bien que les habitués y retrouveront leurs petits) ou Arch, mais je ne pense pas que la visée soit la même.

Pour terminer là-dessus : c’était à la base un simple essai, pour voir de quoi il retournait. Et au final, je vais la garder, cette distribution. Adoptée. Essyez-là, vous ne serez pas déçu !

Et si vous avez des questions, n’hésitez pas ! 😉

En vrac, un aperçu !

Capture du 2013-08-03 01:06:41

Capture du 2013-08-03 01:08:49