Après les Nabaztag… Karotz

Les jours se suivent et se ressemblent. La technologie évolue, et ce qui ne suit pas cette évolution semble amené à disparaître. Karotz, le lapin connecté d’Aldebaran, voit ses jours comptés. 1 mois, c’est (à la louche) le temps qu’il reste à ces lapins avant de nous quitter. Fin programmée le 18 février 2015, après 10 ans de bons et loyaux services, tantôt Nabaztag, tantôt Karotz, et au « terme » d’une vie très mouvementée.

 

Aldebaran aura bel et bien prolongé la vie de nos lapins, après avoir racheté cette activité à Mindscape, qui l’avait elle-même reprise à Violet fin 2009. Violet, ex start-up française, avait rappelons-le lancé en 2005 le premier lapin connecté, le Nabaztag, qui a connu une première évolution (Nabaztag:tag) avant de devenir le Karotz que nous connaissons en 2010.

nabaztag

Pourquoi une telle hécatombe prévue au lendemain de la Saint Valentin ? D’après Aldebaran, qui ne cache pas avoir arrêté la production des lapins il y a plus de 2 ans « pour écouler les stocks », seuls 10% des Karotz vendus se connectent encore aux serveurs. Les 90% restants seraient donc dans des placards, cartons, boîtes… ou serviraient de presse-papiers design. La faute à des services qui n’innovent plus, et surtout qui sont aujourd’hui remplacés par moult objets connectés plus petits, plus fonctionnels et plus performants, et… plus mobiles : 4G, tout ça, surtout avec nos smartphones actuels qui font la même chose en plus encore, sans nécessiter une connexion Wi-Fi fonctionnelle et une connexion Internet permanente pour joindre les serveurs d’Aldebaran.

 

Voilà. J’en ai déjà parlé à plusieurs reprises ici, mais nous en avons un exemple supplémentaire : un service qui repose sur un nœud central, c’est mal. Si le nœud en question saute, ce sont tous les utilisateurs qui en pâtissent. A fortiori quand ledit nœud appartient à une entreprise dont le but est le profit : si ce n’est plus considéré comme rentable, c’est terminé, et tant pis pour vous. C’est réellement une question à se poser avant d’acquérir ce genre de choses… 😕

 

Pour autant, tout n’est pas perdu, heureusement. Comme ce fut le cas pour les Nabaztag:tag, des petits bidouilleurs de génie ont commencé il y a un bon moment à développer une interface « maison » visant à remplacer celle d’Aldebaran, pour tout un tas de raisons qui les regardent, mais celle qui nous préoccupe aujourd’hui me semble amplement suffisante.

Concrètement, il est possible grâce à la communauté d’utilisateurs (et surtout de développeurs) de Karotz de se passer d’Aldebaran. Notez que cela peut aussi expliquer (en partie !) le faible nombre de connexions enregistré par Aldebaran sur ses propres serveurs. 😉

 

Le projet (à mon sens) le plus évolué et prometteur est OpenKarotz. Sans vous faire un guide complet (pour deux raisons majeures : le site est très bien fait, et je n’ai pas de Karotz ; si un lecteur en a un de trop, je suis preneur !), je vous invite fortement à y jeter un œil. C’est un logiciel libre, simple à mettre en place. Comme pour Nabaztag, une API est disponible pour que vous puissiez jouer avec les possibilités offertes par OpenKarotz depuis vos propres logiciels. Si vous développez un peu, y’a du potentiel, vraiment ! 😉

 

Si des lecteurs ont des retours, lâchez-vous sur les commentaires, je suis curieux d’en savoir davantage !

Une réflexion sur “ Après les Nabaztag… Karotz ”

  • 4 février 2015 à 16 h 34 min
    Permalink

    Chouette article, malgré une fin relativement triste de cette bestiole toute choupinette !

    Je ne connais pas ces machins connectés, mais il me semble qu’ils communiquent via le protocole XMPP, ce qui nécessite un serveur XMPP (DANKE, CAPTAIN OBVIOUS).

    Bien que moult utilisateurs peuvent monter eux-même leur serveur XMPP (moyennant quelques efforts et connaissances de base), ce que je vois surtout et ce que j’ai crié à la lecture de cette article, c’est: « PAIR A PAIR, BORDEL ».

    Chaque lapin est connecté au réseau, et peut faire office de client ou de serveur. « Coucou je m’appelle Jean-Pierre et je viens de me mettre à l’heure via Internet, t’en veux ? – Han, sorry bro’, j’suis pas sur le même timezone, cya ».

    Vu que je ne connais pas du tout l’architecture de ces machins, leurs capacités et ce qui est possible de faire, ce n’était qu’une idée parmi tant d’autres, mais je suis sûr qu’il y a forcément quelque chose à faire pour se passer d’un machin centralisé (même si XMPP c’est loin d’MSN j’en conviens).

    Ou même des trucs « cons » (mais chiant), du style, aller checker un serveur IMAP et mettre une notification en cas de nouveau mails, ou même envisager de les lire en plugant des outils de restitution vocale (une saloperie de téléphone le fait, pourquoi pas un lapin ?).

    M’enfin, ce qu’on voit là encore, c’est que la bidouille et le libre l’emportent sur le profit pour sauver des gentilles bestioles, là où la rentabilité les sacrifie sans vergogne.

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